Une unité des Forces armées béninoises a assuré, jeudi 5 mars 2026, l’escorte d’un convoi de matériel militaire nigérien en direction du Niger, à la demande des autorités de Niamey. Cette opération constitue la deuxième sollicitation en l’espace de deux mois adressée à Cotonou pour le transport sécurisé d’équipements stratégiques vers le pays voisin.
Le convoi, jugé « stratégique » par les responsables nigériens, a quitté Cotonou avant de transiter par Lomé, sous escorte béninoise. Selon des analystes, cette mission révèle la dépendance logistique du régime nigérien vis-à-vis du Bénin, en dépit de critiques publiques répétées. Ces dernières avaient notamment été formulées par la junte au pouvoir à Niamey, dirigée par le général Abdourahamane Tiani, qui avait dénoncé, dans plusieurs déclarations, la présence présumée de bases militaires étrangères sur le territoire béninois.
La nécessité de recourir aux corridors béninois pour acheminer le matériel militaire souligne la position stratégique du Bénin dans la logistique régionale. Les infrastructures routières et portuaires du pays restent essentielles pour assurer le transit sécurisé des équipements vers le Niger, malgré un climat diplomatique parfois marqué par la défiance. Des observateurs soulignent que cette collaboration opérationnelle, répétée, reflète une approche pragmatique des deux gouvernements, où les considérations sécuritaires immédiates priment sur les différends politiques.
Cette nouvelle mission fait suite à la visite du président nigérien Abdourahamane Tiani à Alger, les 15 et 16 février 2026. Reçu par son homologue Abdelmadjid Tebboune, le chef de l’État nigérien avait alors pour objectif de renforcer les partenariats régionaux et militaires. Dans cette dynamique, la coopération avec le Bénin est présentée comme un maillon essentiel de la stratégie sécuritaire de Niamey, notamment pour assurer le maintien de l’ordre et la protection de ses équipements militaires.
Si la junte nigérienne multiplie les déclarations critiques envers Cotonou, la réalité opérationnelle démontre un recours systématique aux infrastructures béninoises. Les corridors béninois demeurent donc vitaux pour le Niger, alors que le pays continue de renforcer ses capacités militaires face aux défis sécuritaires dans la région du Sahel. Cette dynamique réflète également les liens complexes entre dépendance logistique et tensions diplomatiques dans l’espace ouest-africain.

