Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aurait confié à sa fille âgée d’une treizaine d’années un rôle de direction au sein du programme balistique du pays, ont rapporté le 23 février plusieurs médias sud-coréens citant des sources gouvernementales. Cette information, si elle était confirmée, constituerait une étape majeure dans la succession dynastique de la famille Kim.
L’identité exacte de la fille de Kim Jong-un demeure entourée de mystère. Les services de renseignement sud-coréens auraient récemment obtenu des informations indiquant que son prénom serait en réalité « Kim Ju-hae », et non « Kim Ju-ae » comme largement rapporté jusqu’à présent par les médias internationaux.
Cette incertitude sur le nom n’est pas inhabituelle en Corée du Nord. Le nom de Kim Jong-un lui-même n’a été divulgué officiellement qu’en septembre 2010, lorsqu’il a été désigné successeur. Selon des sources, le jeune dirigeant aurait changé l’idéogramme de son prénom en 2009, passant de « Jong-woon » (nuage) à « Jong-un » (grâce), lorsqu’il a été secrètement désigné comme héritier. Une pratique similaire pourrait expliquer la confusion autour du nom de sa fille.
Le nom « Ju-ae » avait été révélé pour la première fois en 2013 par l’ancienne star de NBA Dennis Rodman, qui avait déclaré avoir tenu dans ses bras la « bébé Ju-ae » lors d’une visite à Pyongyang. Un transfuge nord-coréen a également témoigné que Kim Jong-un aurait choisi ce prénom qui signifie « amour principal » pour exprimer son souhait qu’elle soit « une fille bien-aimée chérie par tous ».
Selon le quotidien sud-coréen The Chosun Daily, la fille de Kim Jong-un exercerait désormais les fonctions de directrice générale de la division des missiles. Bien que ce poste soit officiellement occupé par Jang Chang-ha, elle recevrait des rapports des généraux et donnerait des ordres. Elle aurait également participé aux discussions sur les questions politiques lors du neuvième congrès du Parti du travail à Pyongyang, qui s’est achevé mercredi.
Le journal sud-coréen rapporte que cette nomination a pour but de permettre à la jeune fille de se familiariser avec la structure du secteur militaire, une étape considérée comme déterminante dans le processus de désignation d’un successeur. Les services de renseignement sud-coréens ont informé la commission du renseignement de l’Assemblée nationale le 12 février que la fille de Kim se trouve au « stade de la désignation comme successeur » et que des « circonstances indiquant qu’elle donne son avis sur certaines politiques ont été détectées ».
Une présence publique croissante depuis 2022
L’adolescente, dont l’âge exact reste inconnu (elle serait née en 2012 ou 2013), a été officiellement présentée pour la première fois par les médias nord-coréens en novembre 2022, lorsqu’elle a accompagné son père lors du lancement du missile balistique intercontinental Hwasong-17. Les médias d’État l’avaient alors désignée comme un « membre de famille bien-aimé », sans révéler son nom.
Depuis cette première apparition, elle accompagne régulièrement Kim Jong-un lors de réunions et de voyages de travail. Selon le portail spécialisé NK Leadership Watch, Kim Ju-hae aurait participé à plus de 50 événements publics en un peu plus de trois ans. Elle a assisté à des manœuvres militaires, des lancements de missiles balistiques, à la préparation du lancement du premier satellite de reconnaissance nord-coréen, ainsi qu’à des banquets et des cérémonies d’inauguration de complexes résidentiels et d’une station balnéaire à Wonsan. En mai 2025, elle a accompagné son père lors d’une visite à l’ambassade de Russie à Pyongyang à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique.
En février 2026, les médias d’État nord-coréens ont utilisé pour la première fois le terme « hyangdo » (grande personne de guidance) pour désigner la fille du dirigeant, un titre généralement réservé exclusivement aux plus hauts dirigeants et à leurs successeurs.
