mercredi 25 février 2026

Côte d’Ivoire : Abidjan sollicite des avions espions américains

La Côte d’Ivoire mène des discussions avec les États-Unis en vue d’un déploiement permanent d’appareils de reconnaissance dans le nord du pays. Cette démarche découle de la montée de la menace jihadiste qui pèse sur le Sahel depuis plusieurs années.

Selon deux responsables ivoiriens de la sécurité cités par Reuters, Abidjan souhaite accueillir deux avions espions américains afin d’obtenir une surveillance renforcée des mouvements des groupes armés affiliés à Al-Qaïda, actifs dans les pays voisins. L’administration Trump doit se prononcer en 2026 sur cette requête.

L’un des responsables, engagé dans la lutte antiterroriste, affirme que les deux capitales s’accordent déjà sur les besoins sécuritaires régionaux. Seul le calendrier de mise en œuvre reste en discussion. De son côté, le Pentagone indique qu’aucune opération n’est prévue en Côte d’Ivoire pour l’instant, tandis que le département d’État évoque la poursuite d’objectifs antiterroristes lorsque ceux-ci croisent les intérêts américains. Le ministère ivoirien de la Défense n’a fourni aucune précision supplémentaire.

Cette demande fait suite à la fermeture de la base stratégique américaine au Niger. En 2024, les autorités nigériennes ont expulsé les forces américaines au profit d’un rapprochement avec Moscou. La base, évaluée à 100 millions de dollars, constituait l’un des principaux centres de collecte de renseignements sur les groupes armés du Sahel, une région qui a enregistré 3 885 morts liés au terrorisme l’an dernier selon le Global Terrorism Index.

La dégradation du contexte sécuritaire alarme également le Congrès américain. Le sénateur républicain Jim Risch estime que les États-Unis ne peuvent négliger l’expansion des groupes jihadistes. Donald Trump a même menacé le Nigeria d’une action militaire pour des raisons d’inaction d’Abuja face aux attaques qui ciblent les communautés chrétiennes.

Washington avait déjà repositionné brièvement deux avions BE-350 sur une base ivoirienne après son retrait du Niger. Les appareils ont quitté la Côte d’Ivoire en janvier 2025, en raison du refus du Mali, du Niger et du Burkina Faso d’autoriser leur survol, ce qui limitait leur utilité.

L’administration Trump tente désormais de renouer progressivement avec les pays sahéliens dirigés par des juntes militaires depuis les coups d’État de 2020 à 2023. La violence a pourtant continué de s’aggraver.

En juillet, le responsable de la lutte antiterroriste à la Maison Blanche, Rudolph Atallah, s’est rendu au Mali pour relancer le dialogue. Selon l’ancien envoyé spécial américain Peter Pham, cette démarche est « le début d’une reconstruction de la relation ». Après cette visite, les États-Unis ont transmis au Mali des renseignements qui ont permis de neutraliser un chef insurgé.

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