Côte d’Ivoire : plus de 2,5 millions FCFA dépensés pour les obsèques d’un père

À Abidjan, Valérie Bli Lou fait face à une facture de plus de 2,5 millions de francs CFA pour les obsèques de son père, décédé à la fin du mois de juillet. Cette commerçante, issue d’une famille modeste de l’ouest ivoirien, doit encore financer l’inhumation. Malgré les difficultés, elle tient à organiser des funérailles à la hauteur des attentes de ses proches.

Son témoignage, recueilli lors d’un reportage à Yopougon, met en lumière le poids financier des cérémonies funéraires dans certaines familles ivoiriennes. Au-delà de la douleur liée à la perte d’un parent, les proches doivent faire face à des dépenses importantes, souvent difficiles à éviter sans s’exposer aux critiques de leur entourage.

Faute de disposer immédiatement des fonds nécessaires, Valérie Bli Lou a dû faire conserver le corps de son père à la morgue, le temps de réunir l’argent avec l’aide de ses proches. Dans son cas, cette conservation coûte environ 7 000 FCFA par jour.

Les frais liés à la morgue, au cercueil et à la veillée ont déjà dépassé 2,5 millions de FCFA. Plusieurs dépenses restent pourtant à couvrir : le transport du corps vers le lieu d’inhumation, situé à environ 500 kilomètres d’Abidjan, l’aménagement de la tombe et l’accueil des invités.

À Yopougon, l’organisation des veillées peut nécessiter la location de tentes et d’espaces, ainsi que le recours à des services de sonorisation et à des orchestres. La durée des cérémonies et le nombre de personnes attendues contribuent également à faire grimper la facture.

Malgré le poids de ces dépenses, Valérie Bli Lou dit tenir à rendre hommage à son père. Pour elle, réduire les frais peut aussi entraîner des reproches de la part des habitants du village. La famille doit donc composer avec ses moyens financiers, mais aussi avec les attentes de son entourage.

Une autre famille rencontrée au cours du reportage fait face à une facture de plus de cinq millions de FCFA. Les contributions des proches ont permis de réunir cette somme, mais certains membres ont dû contracter des dettes pour y parvenir.

L’anthropologue Léo Montaz, qui a étudié ces pratiques, relève que les cérémonies funéraires peuvent aussi servir à affirmer un statut social. Les traditions et les exigences varient toutefois selon les communautés ivoiriennes. Ces témoignages révèlent ainsi la pression financière et sociale que les obsèques peuvent exercer sur les familles endeuillées.

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