Une offre d’emploi publiée ces derniers jours en Côte d’Ivoire, avec la mention « candidats libanais uniquement », provoque une vive polémique. Face aux réactions suscitées par cette annonce, le ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle a apporté des précisions sur les règles applicables au recrutement de travailleurs étrangers.
Selon les autorités, le recours à un cabinet de recrutement étranger n’est pas interdit. Une entreprise installée en Côte d’Ivoire peut effectivement faire appel à un cabinet privé, y compris basé à l’étranger, pour rechercher les profils don’t elle a besoin.
En revanche, une offre d’emploi destinée à un poste en Côte d’Ivoire ne peut pas exclure dès le départ des candidats en raison de leur nationalité. La mention « candidats libanais uniquement » est ainsi considérée comme problématique au regard du Code du travail ivoirien, qui interdit les discriminations fondées notamment sur l’ascendance nationale.
Le recrutement de travailleurs étrangers reste possible
Le ministère rappelle toutefois que la législation ivoirienne n’interdit pas le recrutement de travailleurs étrangers. Celui-ci est soumis à une procédure particulière.
Lorsqu’un poste est vacant, l’employeur doit notamment déclarer cette vacance auprès de l’organisme public de placement et publier l’offre dans un quotidien national à grand tirage.
Ce n’est qu’après un délai d’un mois à compter de la première publication, en l’absence de candidat ivoirien répondant au profil recherché, que l’employeur peut se tourner vers un travailleur étranger disposant des compétences requises.
Pour les autorités ivoiriennes, le problème ne réside donc pas dans le fait de recruter un ressortissant étranger, mais dans l’exclusion préalable des candidats nationaux ou d’autres nationalités sans respecter la procédure prévue par la loi.
À ce stade, l’entreprise de construction installée en Côte d’Ivoire à l’origine du recrutement n’a pas encore été identifiée. Son identification devrait permettre aux services compétents de vérifier si le poste a été correctement déclaré et publié et si le délai légal avant le recours à une main-d’œuvre étrangère a été respecté.
Le ministère rappelle les règles
En substance, le gouvernement ivoirien estime qu’un employeur peut recruter un travailleur étranger en Côte d’Ivoire, mais ne peut pas réserver d’emblée une offre à une nationalité déterminée.
L’affaire devrait donc désormais permettre aux services compétents de déterminer si l’annonce litigieuse constitue une simple irrégularité dans sa formulation ou si elle révèle un manquement aux règles encadrant le recrutement de travailleurs étrangers.
