mardi 24 février 2026

Crise diplomatique : Caracas s’oppose frontalement à Washington

Au Venezuela, une journée contrastée a été enregistrée ce lundi 23 février 2026, avec la libération de centaines de détenus dans le cadre d’une loi d’amnistie et la saisine des Nations unies pour réclamer la libération « immédiate » de l’ancien président Nicolás Maduro et de son épouse, détenus aux États-Unis, en attente d’un procès à New York.

« On est libres ! » ont crié une trentaine de détenus, crânes rasés et T-shirts blancs, en sortant de la prison Rodeo 1, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Caracas. Ils ont été accueillis par de nombreux proches qui campaient devant l’établissement depuis des semaines. Une dizaine de cadets d’école militaire, libérés après avoir été accusés de complot, ont scandé « Justice ! Liberté ! ».

La loi d’amnistie, promulguée sous la pression de Washington, doit permettre de libérer des centaines de prisonniers politiques. Selon le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, 1 500 personnes ont demandé à bénéficier de cette mesure.

Parmi les libérés, Jesus Daniel Rivas Avila, un cadet, a livré un témoignage terrible. « J’ai subi de la torture, des coups, des mauvais traitements physiques. Ils m’ont menacé d’emprisonner mon père si je ne disais pas ce qu’ils voulaient… J’ai été victime de négligence médicale. Il ne me reste plus qu’un seul testicule. On m’a dit que j’allais mourir et je suis vivant », a-t-il révélé.

Parallèlement à ces libérations, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, s’est adressé au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour demander « la libération immédiate » par les États-Unis de Nicolas Maduro. L’ancien président et la Première dame Cilia Flores ont été capturés lors d’une opération militaire américaine le 3 janvier 2026, qui a fait plus de 100 morts selon Caracas. Ils attendent d’être jugés pour narcotrafic à New York, où Maduro se déclare « prisonnier de guerre ».

La vice-présidente Delcy Rodriguez, qui a pris les rênes du pouvoir, a opéré de nombreux changements sous la pression de Washington, notamment l’adoption de la loi d’amnistie et l’ouverture du secteur pétrolier au privé. Le gouvernement a également annoncé le début de la transformation de l’Hélicoïde, prison symbole des tortures et des détentions arbitraires, dont la fermeture avait été promise.

Malgré ces avancées, des défenseurs des droits humains estiment la loi insuffisante, car elle ne couvre pas les cas liés au domaine militaire, fréquents dans la prison de Rodeo 1, où quelque 200 détenus avaient entamé une grève de la faim durant le week-end.

Dans la lignée des concessions faites à Washington, le gouvernement a également écarté Camilla Fabri, l’épouse d’Alex Saab, homme lige de Maduro, qui avait été limogé de son poste de ministre de l’Industrie au début de l’année.

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