Les polices de 16 pays africains ont porté un coup dur aux cybercriminels. Interpol a annoncé ce mercredi 19 février, le bilan de l’opération « Carton Rouge 2.0 », menée en près de deux mois avec 651 arrestations, 4,3 millions de dollars saisis, mais surtout un préjudice estimé à plus de 45 millions de dollars pour des centaines, voire des milliers de victimes.
L’opération, menée en collaboration avec les polices locales, a démantelé des réseaux aux modes opératoires variés. Au Nigeria, six escrocs ont infiltré la plateforme d’un important opérateur de téléphonie pour voler des crédits de communication et les revendre illégalement. Au Kenya, des criminels utilisaient les réseaux sociaux pour promettre des rendements mirobolants à des investisseurs, qui ne récupéraient jamais leur mise (27 arrestations). En Côte d’Ivoire, un réseau de 58 personnes proposait des prêts rapides sans garanties, avant d’imposer des frais exorbitants.
« Ces réseaux causent des dommages financiers et psychologiques dévastateurs aux entreprises comme aux particuliers », a déclaré Neal Jetton, le directeur de la cybercriminalité à Interpol. Les escroqueries visent en particulier des communautés vulnérables, attirées par des promesses d’investissements à faibles montants (50 dollars minimum) et de gains rapides.
Interpol indique qu’un crime sur trois commis en Afrique est désormais lié à la cybercriminalité. Des réseaux ont été démantelés en Angola, au Bénin, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, entre autres.
Seulement 1 200 victimes ont été identifiées lors de l’opération. Interpol a lancé un appel à se faire connaître auprès des services de police de leurs pays, pour permettre d’établir un bilan plus précis et de poursuivre les enquêtes.
Après les opérations « Serengeti » et « Tonnerre », « Carton Rouge 2.0 » confirme l’ampleur du phénomène et la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour lutter contre ces réseaux tentaculaires.
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