Alors que les frappes se poursuivent contre l’Iran et que le détroit stratégique reste paralysé, le président américain a lancé un appel inattendu à ses alliés et partenaires commerciaux. Une demande d’assistance qui contraste avec ses précédentes déclarations triomphalistes.
Le conflit entre dans sa troisième semaine sans aucun signe d’accalmie. Depuis le déclenchement des opérations américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale de pétrole, est quasiment bloqué par Téhéran. La situation a provoqué une flambée des prix de l’or noir et des perturbations majeures dans le commerce maritime mondial.
Samedi 15 mars, Donald Trump a publié une série de messages sur son réseau Truth Social appelant plusieurs pays à envoyer des navires de guerre pour sécuriser cette voie maritime stratégique. Le président américain a cité nommément la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni comme nations « affectées par cette contrainte artificielle ».
« De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr », a-t-il assuré, avant d’ajouter plus tard : « Les pays du monde qui s’approvisionnent en pétrole via le détroit d’Ormuz doivent veiller à la sécurité de ce passage, et nous les aiderons – BEAUCOUP ! ».
Une demande qui contredit les précédentes positions
Cet appel à la rescousse contraste avec les déclarations récentes du président américain. Quelques jours plus tôt, il critiquait le Royaume-Uni pour sa réticence initiale à envoyer des navires au Moyen-Orient en ces termes : « Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent à des guerres une fois que nous avons déjà gagné ! ».
Vendredi, il affirmait encore que la marine américaine commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans le passage stratégique. Désormais, il sollicite l’aide internationale, tout en répétant que les États-Unis « ont vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique ».
Pour le politologue américain Ian Bremmer, ce changement de ton s’explique par une réalité opérationnelle. « Le président ne sait pas encore comment rouvrir le détroit. À l’heure actuelle, presque tous les navires de guerre que les États-Unis possèdent dans le Golfe persique sont utilisés pour défendre les infrastructures énergétiques et les bases militaires. Ils ne sont donc pas disponibles pour défendre les bateaux qui passent par le détroit », a-t-il expliqué.

