Donald Trump veut relancer le dialogue avec Kim Jong-un, mais Pyongyang pose ses conditions

Donald Trump veut de nouveau miser sur sa relation singulière avec Kim Jong-un. Sept ans après leur dernier face-à-face, le président américain espère obtenir un nouveau sommet avec le dirigeant nord-coréen. Mais, à Pyongyang, l’enthousiasme est loin d’être au rendez-vous.

Le 12 juin 2018, Trump avait créé la surprise en devenant le premier président américain en exercice à rencontrer un dirigeant nord-coréen. Quelques mois plus tard, en février 2019, le sommet de Hanoï avait tourné court, les deux parties ne parvenant pas à s’entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen. En juin de la même année, les deux hommes s’étaient toutefois retrouvés à la frontière intercoréenne.

Depuis, le dialogue s’est éteint. Et les conditions d’une reprise des discussions sont aujourd’hui nettement moins favorables à Washington. Pour les États-Unis, la dénucléarisation de la péninsule reste officiellement l’objectif. Washington pourrait envisager un allègement des sanctions en contrepartie d’avancées concrètes.

Kim Jong-un, lui, n’entend plus céder sur l’essentiel. La Corée du Nord considère désormais son arsenal nucléaire comme une garantie fondamentale de sa sécurité et refuse de revenir sur ce qu’elle présente comme une capacité stratégique irréversible.

Depuis les précédents sommets, Pyongyang a par ailleurs renforcé ses capacités militaires. Le rapport de force s’est donc déplacé, ce qui complique davantage la perspective d’un nouvel accord.

Les manœuvres américano-sud-coréennes irritent Pyongyang

Le rapprochement souhaité par Trump se heurte également à la question des exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul. Les manœuvres Ulchi Freedom Shield, traditionnellement organisées chaque année, devaient initialement s’étaler sur onze jours à partir du 17 août. Pyongyang les considère comme une répétition générale en vue d’une éventuelle offensive contre la Corée du Nord.

Le 13 août, le régime nord-coréen avait d’ailleurs répondu par un tir de missile balistique vers la mer du Japon. La décision de réduire cette année la durée des exercices à six jours peut être interprétée comme un geste visant à limiter les tensions et à maintenir ouverte la perspective d’un dialogue.

Une concession qui n’a pas échappé à Kim Yo-jong. La sœur de Kim Jong-un, devenue l’une des voix les plus influentes du régime, s’est empressée de tourner en dérision le recul de Séoul.

Trump veut faire de la diplomatie nord-coréenne un atout

Pour Donald Trump, l’enjeu dépasse toutefois la seule péninsule coréenne. Un nouveau sommet avec Kim Jong-un lui permettrait de remettre en scène l’un des succès diplomatiques qu’il revendique depuis son premier mandat.

Le président américain doit pourtant gérer plusieurs dossiers brûlants, de la guerre au Moyen-Orient aux tensions autour du conflit en Ukraine. Son calendrier diplomatique est déjà chargé.

À l’approche des élections de mi-mandat de novembre, une nouvelle poignée de main avec Kim Jong-un pourrait néanmoins servir les intérêts politiques du président américain. Trump pourrait alors mettre en avant sa capacité à renouer un dialogue personnel avec le dirigeant nord-coréen, là où les approches plus classiques ont échoué.

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