samedi 17 janvier 2026

Élection présidentielle en Ouganda : Museveni en tête, Bobi Wine placé en résidence surveillée

Les tensions demeurent vives en Ouganda au lendemain de l’élection présidentielle. Alors que les premiers résultats partiels accordent une large avance au président sortant Yoweri Museveni, l’opposant Bobi Wine a été placé de facto en résidence surveillée, selon son parti.

Après le dépouillement d’environ la moitié des bureaux de vote, la Commission électorale ougandaise a annoncé que Yoweri Museveni recueillait 76,25 % des suffrages, contre 19,85 % pour Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi. Âgé de 81 ans, l’ancien guérillero, au pouvoir depuis 1986, vise un septième mandat consécutif.

Pour de nombreux observateurs, l’issue du scrutin semblait largement jouée d’avance. Et pour cause, le chef de l’État s’appuyait sur un contrôle étroit de l’appareil électoral et sécuritaire.

Le déroulement du vote, organisé jeudi 15 janvier, a été marqué par de nombreux dysfonctionnements techniques, aussi bien lors de la présidentielle que des élections législatives. À cela s’est ajoutée la coupure de l’accès à internet décidée par les autorités depuis mardi, une mesure régulièrement dénoncée par l’opposition et les organisations de défense des droits humains. Un important dispositif sécuritaire a par ailleurs quadrillé le pays.

Dans la soirée de jeudi, la Plateforme d’unité nationale (NUP), le parti de Bobi Wine, a affirmé sur le réseau X que son leader avait été assigné à résidence. Selon le NUP, des militaires et des policiers ont encerclé le domicile de Robert Kyagulanyi et de son épouse. Le parti affirme également que des agents de sécurité ont pénétré à l’intérieur de la propriété et y ont installé des tentes. Des témoins ont toutefois décrit, ce vendredi, une situation calme aux abords de la résidence, malgré la présence visible des forces de l’ordre.

Bobi Wine, ancien chanteur de raggamuffin surnommé le « président du ghetto », a dénoncé de son côté un « bourrage massif des urnes » et des arrestations ciblées de cadres de son parti. Il a averti que des manifestations pourraient éclater en cas de fraude avérée. Selon Amnesty International, au moins 400 partisans de l’opposant ont été arrêtés au cours de la campagne électorale.

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