jeudi 22 janvier 2026

États-Unis : Donald Trump change de discours sur le dossier groenlandais

Après plusieurs semaines de surenchère verbale, Donald Trump a pris la communauté internationale à contre-pied. En marge du Forum économique mondial de Davos, mercredi 21 janvier 2026, le président américain a évoqué « le cadre d’un futur accord » autour du Groenland, sans en préciser ni le contenu ni le calendrier.

L’annonce a immédiatement rassuré les marchés financiers. À Wall Street, la désescalade a été saluée par une hausse du Dow Jones (+1,21 %) et du Nasdaq (+1,18 %). À Copenhague, le soulagement reste prudent. Sur l’île arctique, en revanche, la méfiance domine.

« Il ment. Je ne crois à rien de ce qu’il dit », tranche Mickel Nielsen, technicien de 47 ans, interrogé par l’AFP à Nuuk. Ce scepticisme reflète un sentiment largement partagé parmi les Groenlandais, peu convaincus par les assurances américaines.

Donald Trump a refusé de préciser si l’accord en discussion accorderait aux États-Unis la possession du territoire autonome danois, une revendication qu’il avait formulée à plusieurs reprises au nom de la sécurité face à la Russie et à la Chine. « Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit : « je ne vais pas attaquer le Groenland ». Ce sont des messages positifs », a réagi le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, sans se prononcer sur le fond du projet.

Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, avec qui Donald Trump affirme avoir élaboré ce cadre d’accord, a confirmé qu’« il restait beaucoup de travail » avant toute finalisation. Le président américain, de son côté, a assuré qu’« il n’était pas question d’argent » dans les négociations, sans fournir davantage de détails.

Dans un message publié sur Truth Social depuis Davos, Donald Trump a évoqué une « réunion très productive » avec Mark Rutte et affirme que le futur accord concernerait « le Groenland et, en réalité, toute la région arctique ». En contrepartie, il a annoncé le gel des droits de douane prévus au 1er février contre plusieurs pays européens

Fidèle à son image de négociateur, le président américain a assuré que l’accord donnerait aux États-Unis « tout ce qu’ils voulaient », et ce « pour toujours ».

Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait déjà infléchi son discours en excluant explicitement l’usage de la force. Une déclaration qui n’a pas suffi à dissiper les craintes au Groenland. « Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça », a insisté Anak, aide-soignante de 64 ans. La députée Aaja Chemnitz a dénoncé toute négociation menée « sans le Groenland ».

Selon un sondage publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais rejettent tout rattachement aux États-Unis, contre seulement 6 % favorables.

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