Le « Conseil de paix » voulu par le président américain Donald Trump tient sa première réunion ce jeudi 19 février à Washington. Pensé à l’origine pour orchestrer la reconstruction de la bande de Gaza, ce nouvel organisme ambitionne désormais plus largement de résoudre les conflits armés dans le monde. Une ambition qui suscite autant d’espoirs que de critiques.
Donald Trump a annoncé avoir obtenu cinq milliards de dollars de promesses de dons, un « acompte » sur les 70 milliards de dollars annoncés initialement, précise la correspondante de RFI à New York, Loubna Anaki.
Près de 60 pays avaient été conviés. Ils sont finalement une vingtaine à avoir répondu favorablement à l’invitation, rejoints par cinq observateurs. Parmi les participants figurent l’Indonésie, la Turquie, la Biélorussie, l’Arabie saoudite et le Kazakhstan. Seuls trois pays d’Amérique latine et deux pays africains (le Maroc et l’Égypte) sont présents. Du côté de l’Union européenne, seuls la Hongrie et la Bulgarie sont représentées.
L’ensemble de ces pays représente environ 1,5 milliard d’habitants, soit 18 % de la population mondiale, une proportion nettement inférieure à celle du G20 ou des Brics.
Le « Conseil de paix » se distingue par une forte concentration de gouvernements autoritaires : 20 des 28 pays membres sont dirigés par des régimes de ce type, dont la moitié considérés comme des autocraties fermées. Le ticket d’entrée a été fixé à un milliard de dollars.
La Commission européenne a refusé d’intégrer le Conseil, mais a décidé d’y envoyer des « observateurs », dont la commissaire Dubravka Suica. Une décision qui provoque l’incompréhension de plusieurs groupes politiques du Parlement européen.
Les eurodéputés libéraux du groupe Renew dénoncent un « mauvais signal » qui « légitime un organisme qui marginalise l’ONU ». Les socialistes, par la voix de la Française Chloé Ridel, demandent des clarifications. « On ne va pas légitimer un organe qui vise à concurrencer l’ONU, créé par quelqu’un qui nous agresse matin, midi et soir (à savoir Donald Trump) et qui rassemble tout le gratin des dirigeants autoritaires mondiaux », a-t-il déclaré.
