La sénatrice démocrate de Virginie Louise Lucas, âgée de 82 ans, a été arrêtée et inculpée dans une affaire présumée de racket, de trafic de marijuana, de fraude et de corruption. Six autres personnes, dont des membres de sa famille, sont également poursuivies dans ce dossier instruit par la justice fédérale américaine.
Présidente pro tempore du Sénat de Virginie, Louise Lucas fait face à cinq chefs d’accusation criminels, selon les documents judiciaires. Les poursuites portent notamment sur une association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de racket, un complot visant à distribuer de la marijuana, le blanchiment d’argent, la fraude aux services honnêtes et l’exploitation d’un local destiné au trafic de stupéfiants.
Ses deux filles et son petit-fils figurent parmi les personnes présentées comme des co-conspirateurs présumés. D’après la plainte déposée devant le tribunal fédéral du district est de Virginie, la sénatrice et ses associés auraient appartenu à la « Lucas Enterprise », une organisation soupçonnée d’avoir participé à des opérations de détention et de distribution de marijuana.
Louise Lucas dénonce des représailles politiques
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux le jeudi 22 octobre, l’élue démocrate a vivement contesté les circonstances de son arrestation. Elle a dénoncé la mobilisation des services fédéraux contre une femme de 82 ans et établi un parallèle avec les discriminations qu’elle dit avoir connues sous les lois Jim Crow, qui imposaient la ségrégation raciale aux États-Unis.
« Je ne me laisserai pas intimider. Je ne me laisserai pas persécuter. Et je ne céderai pas », a-t-elle affirmé. Cette affaire éclate dans un contexte où les autorités fédérales mènent plusieurs enquêtes visant des personnalités opposées au président Donald Trump. Le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, a toutefois rejeté toute motivation politique dans le dossier de la sénatrice.
Il a assuré que les poursuites reposaient sur des faits et des éléments de preuve recueillis au cours d’une enquête ouverte plusieurs années auparavant. Selon lui, ces éléments ont conduit un grand jury à inculper Louise Lucas et les autres personnes mises en cause.
L’Associated Press avait rapporté en mai que l’enquête pénale visant la sénatrice avait débuté sous la présidence du démocrate Joe Biden. Todd Blanche a également souligné qu’elle avait commencé bien avant la réélection de Donald Trump, ajoutant que les procureurs fédéraux ne menaient pas de « règlements de comptes politiques ».
À ce stade, les accusations restent à établir devant la justice. L’inculpation ne constitue pas, à elle seule, une preuve de culpabilité.
