Le procès en appel des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN) a avancé mardi 3 février 2026. Le parquet général a annoncé son intention de requérir des peines d’inéligibilité pour plusieurs prévenus, parmi lesquels Marine Le Pen. Cette mesure pourrait bloquer sa participation à la prochaine élection présidentielle.
Au début de leur réquisitoire devant la cour d’appel de Paris, les représentants de l’accusation ont indiqué vouloir confirmer la responsabilité pénale établie en première instance. Selon eux, l’argument selon lequel la justice chercherait à empêcher l’accession d’une dirigeante politique aux plus hautes fonctions de l’État ne repose sur aucun fondement. Ils rappellent que le rôle du juge consiste uniquement à faire respecter la loi.
Le réquisitoire du parquet, prévu sur plusieurs heures, intervient après onze jours d’audience que l’accusation juge plus apaisés que lors du premier procès. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, à une amende de 100 000 euros ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate.
De son côté, l’avocat du Parlement européen a insisté sur la gravité des faits reprochés. Il estime que l’institution européenne a subi un système organisé qui consistait à employer des assistants parlementaires financés par des fonds européens pour des activités liées au parti politique. Selon lui, cette pratique constitue une atteinte grave à la confiance des citoyens envers leurs représentants.
L’avocat a cité plusieurs exemples issus du dossier. Il évoque notamment le cas d’un collaborateur qui aurait reconnu ne pas avoir travaillé pour la députée à laquelle il était rattaché pendant une période donnée. Selon l’accusation, ces éléments révèlent un mécanisme structuré et durable.
Durant l’audience, Marine Le Pen a laissé entendre qu’elle pouvait reconnaître l’existence d’une infraction si elle était établie. Toutefois, la partie civile estime que la défense maintient une contestation des faits reprochés.
L’affaire concerne des pratiques supposées sur plus d’une décennie. Elle porte sur l’utilisation de fonds publics européens destinés au travail parlementaire. La décision attendue de la cour d’appel pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir politique de Marine Le Pen et sur l’organisation du Rassemblement national.
Le verdict du procès en appel est désormais attendu avec attention dans le paysage politique français, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle.
