L’Institut du monde arabe (IMA) tourne une page. Ce mardi 17 février 2026, le Conseil d’administration de l’institution a formellement avalisé la nomination d’Anne-Claire Legendre à sa présidence. À 46 ans, cette diplomate de carrière, proche conseillère d’Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, devient la première femme à diriger ce lieu culturel et instrument diplomatique inauguré à Paris en 1987.
Anne-Claire Legendre remplace Jack Lang, l’ancien ministre de la Culture, qui a dû jeter l’éponge après treize ans à la tête de l’IMA. Poussé vers la sortie par la révélation de ses liens avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, l’ex-président avait d’abord tenté de résister, avant de céder face aux appels à la démission et à l’ouverture d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » par le parquet national financier.
Originaire de Bretagne, Anne-Claire Legendre parle l’arabe, appris à l’Inalco, et cumule les diplômes en Sciences Po Paris et Lettres modernes à la Sorbonne. En 2016, elle est entrée dans l’histoire en devenant la première femme et la plus jeune à occuper le poste de consul de France à New York, fonction qu’elle a exercée pendant quatre ans.
En tant que porte-parole du Quai d’Orsay, elle a multiplié les prises de parole pour exposer la position française sur l’Ukraine et dénoncer les activités de Wagner en Afrique. Mais c’est surtout auprès d’Emmanuel Macron qu’elle a joué un rôle clé. Selon des sources diplomatiques, elle est la principale instigatrice de la reconnaissance d’un État palestinien par la France en septembre 2025, une décision saluée par les pays arabes membres de l’IMA.
Anne-Claire Legendre est aussi celle qu’on envoie sur les terrains les plus difficiles. En mars 2025, elle s’est rendue à Alger pour tenter d’apaiser les relations franco-algériennes, avant que les deux pays ne retombent dans la crise. Au Liban, elle a activement poussé pour la fin de la guerre entre le Hezbollah et Israël, qui s’est soldé par un accord de cessez-le-feu de novembre 2024, où la France siège désormais dans le mécanisme de surveillance aux côtés des Américains.
Pour information, au Conseil d’administration de l’IMA, la France détient une influence majeure et assure 50 % du financement de l’institution, soit 12,3 millions d’euros. La nomination d’Anne-Claire Legendre, proposée dans la matinée par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, était donc attendue. « Elle dispose de l’expérience, des qualités et de la vision stratégique nécessaires », a salué le ministre sur X.
