Près de trois ans après avoir été renversé, Ali Bongo Ondimba tourne la page électorale, sans pour autant renoncer à toute influence politique au Gabon. Dans un entretien accordé à Info241, l’ancien président revient sur sa chute, son AVC de 2018, les violences de 2016 et son avenir au sein du Parti démocratique gabonais (PDG).
Après quatorze années au pouvoir, Ali Bongo affirme qu’il ne souhaite plus se présenter à une élection. Il entend désormais accompagner la transmission du PDG à une nouvelle génération. L’ancien chef de l’État envisage ainsi de conserver un rôle temporaire au sein de la formation, avant de préparer progressivement son retrait.
Ali Bongo revient également sur sa destitution, intervenue le 30 août 2023, lorsque des militaires ont annulé les résultats de la présidentielle avant de mettre fin à son pouvoir. Brice Clotaire Oligui Nguema a ensuite pris la tête de la transition.
L’ancien président assure avoir choisi l’apaisement plutôt que la confrontation. Il affirme avoir refusé qu’un affrontement armé éclate pour défendre son pouvoir, alors que les résultats du scrutin étaient contestés. Il présente cette décision comme un choix destiné à éviter une aggravation de la crise.
L’homme revient aussi sur l’AVC dont il a été victime en 2018. Il réfute les accusations selon lesquelles son état de santé aurait conduit son épouse Sylvia Bongo ou son fils Noureddin Bongo Valentin à exercer réellement le pouvoir.
Ali Bongo assure que les décisions présidentielles demeuraient les siennes. Sur les procédures judiciaires visant des membres de sa famille, il affirme que la justice doit établir les faits. Il évoque également la rupture avec certains de ses proches depuis le coup d’État de 2023.
Des regrets sur les violences de 2016
L’ancien président revient enfin sur les violences ayant suivi la présidentielle de 2016. Il adresse ses condoléances aux familles des victimes et reconnaît qu’un dialogue plus large aurait peut-être permis d’éviter l’escalade.
Ali Bongo revendique néanmoins plusieurs réalisations, notamment dans les infrastructures, la protection des forêts et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il reconnaît aussi des erreurs dans le choix de certains responsables.
Son éventuel retour au Gabon reste conditionné à des garanties pour sa sécurité, celle de sa famille et le respect de l’État de droit. Il n’exclut pas non plus une coopération avec Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette prise de parole dessine ainsi une nouvelle étape. Ali Bongo renonce à la compétition électorale, mais souhaite encore peser sur l’avenir du PDG et accompagner sa transition générationnelle.
