Face à la pénurie de logements et à la flambée des loyers, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé, le 1er juin 2026, un ambitieux programme de construction de 8 000 logements sociaux à travers le pays. Une initiative destinée à améliorer l’accès au logement pour les ménages gabonais, même si certaines conditions d’acquisition alimentent déjà le débat.
Le projet prévoit la construction immédiate de 3 100 logements, tandis que les 4 900 autres seront réalisés progressivement au cours des six prochaines années. Une partie de ces habitations sera implantée à l’intérieur du pays afin de réduire la concentration immobilière autour de Libreville.
Si les autorités assurent que tous les Gabonais pourront prétendre à ces logements, les modalités financières suscitent des réserves. Pour réserver une habitation, les bénéficiaires devront verser un apport initial de 3 millions de francs CFA. Le dispositif repose ensuite sur un système de location-vente permettant à l’occupant de devenir propriétaire après plusieurs années de paiement.
Cette formule est accueillie favorablement par certains observateurs. Pour plusieurs responsables syndicaux, elle pourrait contribuer à alléger les dépenses des ménages confrontés à des loyers devenus particulièrement élevés dans les principales villes du pays.
D’autres citoyens se montrent cependant plus critiques. À Libreville, plusieurs habitants touchés par des opérations de déguerpissement estiment que ce programme ne répond pas immédiatement à leurs préoccupations. Certains dénoncent, notamment le coût d’accès jugé trop élevé pour une partie de la population.
Selon le ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, le financement du programme est assuré par des partenaires bancaires privés. Le groupe BGFI Bank mobilise notamment 60 milliards de FCFA, avec une possibilité d’extension jusqu’à 100 milliards de FCFA. Coris Bank International participe également au financement de l’opération.
À travers ce programme, les autorités gabonaises espèrent répondre durablement à la crise du logement tout en favorisant l’accession à la propriété. Reste désormais à voir si les conditions financières permettront réellement aux ménages les plus modestes de bénéficier de cette initiative.
