vendredi 30 janvier 2026

Guinée-Bissau : le chef de la junte promu général de division

En Guinée-Bissau, le chef de la junte militaire, le général Horta N’Tam, a accédé au grade de général de division, le plus élevé au sein des forces armées du pays. La promotion figure dans un décret signé par l’intéressé lui-même et rendu public ce jeudi 29 janvier 2026.

Le général N’Tam avait pris le pouvoir le 26 novembre dernier à la suite du renversement du président élu Umaro Sissoco Embalo, survenu à la veille de la proclamation attendue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives. À la suite du coup d’État, les militaires l’ont désigné président de la transition pour une période annoncée d’un an.

Les autorités de transition ont également fixé au 6 décembre 2026 la tenue des élections présidentielle et législatives symboliser le retour à un régime civil, selon un décret publié mercredi.

Âgé d’une soixantaine d’années, Horta N’Tam occupait jusque-là le grade de brigadier-général. Le texte officiel précise qu’il est désormais élevé au rang de général de division, avec quatre étoiles, contre deux auparavant. Cette promotion fait suite à une proposition du gouvernement, soumise puis validée par le haut commandement militaire.

Pays lusophone d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée, la Guinée-Bissau reste confrontée à une instabilité politique chronique. Depuis son indépendance du Portugal en 1974, le pays a connu au moins quatre coups d’État, en plus de nombreuses tentatives de putsch.

Les militaires justifient leur prise de pouvoir par la volonté d’éviter des violences entre partisans des candidats rivaux à l’élection. Le camp du président sortant Umaro Sissoco Embalo et celui de l’opposant Fernando Dias de Costa revendiquaient chacun la victoire au moment de l’intervention de l’armée.

Depuis lors, Fernando Dias de Costa a trouvé refuge à l’ambassade du Nigeria, qui lui a accordé l’asile, tandis que l’ancien président Embalo a quitté le pays.

L’instabilité et la pauvreté ont également favorisé l’implantation de réseaux de narcotrafic, la Guinée-Bissau servant de zone de transit de la cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe. Plusieurs responsables militaires ont été cités ces dernières années dans des affaires liées à ce trafic.

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