Houndété contre Atchadé : la succession de Boni Yayi divise Les Démocrates

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La guerre des mots fait rage au sein du parti Les Démocrates. Depuis dimanche, deux camps s’affrontent, deux versions s’opposent, et une question brûle les lèvres des militants : qui, vraiment, dirige le parti ? Après Éric Houndété, c’est au tour de Kamel Ouassangari, ancien député et cadre respecté de la formation, de prendre la parole. Et son message, mardi 24 mars, est sans appel.

Interrogé par Africaho, Kamel Ouassangari n’y va pas par quatre chemins. Il déroule les textes, les articles, les statuts, comme on sort les armes avant un duel. Selon lui, la succession de Boni Yayi devait intervenir dans les trois mois suivant sa démission. Mais aucune date n’était imposée. Le Conseil national ordinaire, cette instance souveraine qui se réunit une fois par an, avait parfaitement le droit d’inscrire la question à son ordre du jour. Et de voter. « Les délégués ont pris une décision souveraine », martèle-t-il. Pour lui, il n’y a pas d’ambiguïté.

L’ancien député livre aussi une version des faits qui contredit frontalement celle d’Éric Houndété. Selon lui, lors de la séance, Houndété s’est retiré parce qu’il avait perdu la majorité. Un geste interprété par ses opposants comme une reconnaissance implicite de sa fragilité. À partir de ce moment, les délégués restants ont poursuivi les travaux et élu Nourénou Atchadé. « Il n’y a donc pas d’incertitude », tranche Kamel Ouassangari.

De l’autre côté, Éric Houndété ne bouge pas d’un pouce. Dans son intervention diffusée par Matin Libre TV, il maintient sa version. Il avait convoqué et présidé la réunion, puis il l’a levée face aux perturbations. Tout ce qui s’est passé après, selon lui, est nul. Il réclame une session extraordinaire pour trancher définitivement la question.

Deux hommes. Deux récits. Deux interprétations des mêmes faits. Et au milieu, des cadres qui doivent choisir leur camp, des militants perdus, et un parti qui retient son souffle.

Dans cette bataille, Thomas Boni Yayi reste en embuscade. L’ancien président, qui avait démissionné de la tête des Démocrates, continue d’incarner une légitimité historique. Personne ne sait vraiment ce qu’il pense de cette crise. Mais chacun devine que son silence, ou sa parole, pourrait faire pencher la balance.

Pour Kamel Ouassangari, l’heure est à l’unité. Mais pour l’instant, c’est la fracture qui s’installe. Et dans les couloirs du parti, une question lancinante revient : combien de temps encore Les Démocrates pourront-ils résister à cette guerre intestine avant de perdre leur âme ?

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