Les autorités iraniennes ont officiellement levé les restrictions ambiguës concernant la conduite des motos par les femmes. Une résolution signée mardi 3 février par le premier vice-président Mohammad Reza Aref autorise désormais les femmes à obtenir un permis deux-roues.
Jusqu’à présent, le code de la route iranien ne prohibait pas explicitement la conduite de motos par les femmes. Toutefois, dans les faits, les autorités refusaient de leur délivrer un permis. Cette situation plaçait les motardes dans une position précaire. Et pour cause, elles restaient légalement responsables en cas d’accident, même en tant que victimes.
Le texte, adopté fin janvier en Conseil des ministres, impose à la police routière d’organiser des formations pratiques pour les candidates, de superviser les examens et de délivrer les permis de conduite moto. Il s’agit d’une mesure concrète pour intégrer officiellement les femmes dans le champ de la mobilité urbaine.
Cette initiative se déploie au milieu d’une atmosphère sociale et politique conflictuelle. Depuis la Révolution islamique de 1979, certaines activités ont été inaccessibles aux femmes, et la pratique de la moto a longtemps été mal perçue. Les restrictions vestimentaires ont également constitué un obstacle, les femmes devant porter un hijab et des vêtements amples en public. Malgré cela, le nombre de motardes a augmenté ces dernières années, signe d’une évolution sociétale.
La dynamique s’est accélérée à partir de 2022, après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour non-respect présumé du code vestimentaire. Son décès avait déclenché une vague de manifestations nationales, incarnée par le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Depuis fin décembre 2025, l’Iran connaît une nouvelle série de contestations, d’abord centrées sur le coût de la vie, puis sur des revendications politiques visant directement le régime.
La répression menée par les autorités a été particulièrement violente. Le gouvernement reconnaît la mort de milliers de personnes, qu’il attribue pour l’essentiel à des « terroristes » qui agissent pour le compte des États-Unis et d’Israël. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6 713 décès ont été confirmés, dont 137 enfants, avec plus de 17 000 autres morts potentielles en cours d’enquête.
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