Une rumeur s’est propagée rapidement sur les réseaux sociaux ces derniers jours : Benyamin Netanyahu serait mort, blessé, dans le coma, ou aurait été remplacé par un double ou une intelligence artificielle . Dans le contexte des frappes israélo-américaines contre l’Iran déclenchées le 28 février, la propagande pro-iranienne a diffusé de fausses réussites militaires et des rumeurs de décès de dirigeants israéliens, largement partagées sur les réseaux sociaux.
Face à ces allégations, une courte vidéo du Premier ministre israélien a été publiée dimanche 15 mars. On l’y voit dans un café près de Jérusalem, discutant avec un conseiller tout en attrapant une tasse de café. Son interlocuteur évoque alors les rumeurs sur sa supposée mort. Benyamin Netanyahu répond par un jeu de mots : en hébreu familier, le mot « mort » peut aussi signifier que l’on est « fou de » quelque chose.
« Je suis fou de café », lance-t-il en souriant, avant d’ajouter : « Et vous savez quoi ? Je suis fou de mon peuple ». Il montre ensuite les cinq doigts de chacune de ses mains pour prouver que tout va bien et que la vidéo n’a pas été générée par intelligence artificielle.
Cette tentative de démonstration n’a pourtant pas suffi à dissiper les suspicions. Lorsque des extraits de la récente conférence de presse du dirigeant ont commencé à circuler, certains internautes ont affirmé que la vidéo semblait générée par IA ou manipulée.
L’analyse anatomique des mains est devenue un outil de vérification de premier plan. En dessin académique comme en biomécanique, le majeur et l’annulaire sont naturellement solidaires en raison de leurs connexions tendineuses communes. L’apparition d’un espace suspect entre ces deux doigts lors de la manipulation d’un objet, comme une tasse, est souvent interprétée comme une « pose impossible » qui trahit une génération par intelligence artificielle, incapable de simuler la tension musculaire réelle d’une main humaine.
Dans ce contexte de guerre informationnelle, où les mouvements fluides du visage peuvent désormais tromper l’œil, la main reste le « grain de sable » technique des algorithmes. Si certains y voient la preuve d’un deepfake mal articulé ou d’un avatar numérique de substitution, d’autres rappellent que la main est la partie la plus complexe et malléable du corps, rendant ses erreurs de rendu particulièrement flagrantes.
La vidéo du café semble donc viser à couper court aux rumeurs qui circulaient sur l’état de santé du dirigeant israélien. Mais dans une guerre où l’information est devenue une arme à part entière, la preuve par l’image ne suffit plus. Chaque pixel, chaque articulation, chaque mouvement de doigt est désormais scruté.

