La victoire démocrate aux élections de mi-mandat ne priverait pas Donald Trump de tous ses pouvoirs. À Washington, la Maison-Blanche prépare déjà les scénarios d’une cohabitation conflictuelle avec le Congrès. Le président américain pourrait alors s’appuyer sur les prérogatives de l’exécutif pour poursuivre une partie de son programme, malgré l’opposition des parlementaires.
Selon des informations rapportées par Reuters, plusieurs proches du chef de l’État travaillent depuis avril sur les marges de manœuvre dont il disposerait face à un Congrès contrôlé par les démocrates. Parmi eux figurent Stephen Miller, conseiller à l’immigration, Russell Vought, directeur du Budget, ainsi que les juristes de la Maison-Blanche.
Une source citée par l’agence affirme que Donald Trump serait même « très à l’aise » dans une telle configuration. Le président semble ainsi se préparer à gouverner sans le soutien des deux chambres du Congrès. « Si ça se produit, je pense que je vais devenir monsieur Veto. Je ne vais pas les laisser s’en tirer », a-t-il répondu. « Et ensuite, au bout d’un certain temps, nous passerons probablement des accords », a-t-il poursuivi.
Le recours aux décrets présidentiels
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a multiplié les décrets présidentiels. Il en a signé 292, selon le décompte cité par Le Parisien, soit davantage que pendant l’ensemble de son premier mandat.
Cette pratique témoigne de sa volonté d’utiliser les pouvoirs de l’exécutif pour mettre en œuvre ses orientations, parfois sans attendre l’accord du Congrès. Nathan Gonzales, rédacteur en chef du média américain Inside Elections, estime que le président a largement ignoré le pouvoir législatif au cours des deux dernières années.
Une majorité démocrate à la Chambre des représentants et au Sénat pourrait toutefois compliquer l’adoption de nouvelles lois et le financement de certaines politiques présidentielles. Les parlementaires disposeraient aussi de moyens de contrôle sur l’administration et pourraient ouvrir des enquêtes.
Dans cette configuration, Donald Trump pourrait également utiliser son droit de veto pour bloquer les textes adoptés par le Congrès. Une majorité démocrate ne signifierait donc pas nécessairement une paralysie de la présidence, mais elle pourrait accentuer les affrontements entre l’exécutif et le législatif.
Le président conserverait ses prérogatives constitutionnelles, tout en faisant face à des contre-pouvoirs plus actifs. La capacité de chaque camp à imposer ses choix dépendrait alors des rapports de force au Congrès et des limites fixées par la Constitution et les tribunaux.
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