jeudi 26 février 2026

Kenya : un “acteur-clé” présumé du réseau qui envoie des Kényans dans l’armée russe arrêté

Un « acteur-clé » présumé d’un réseau qui aurait envoyé plus de 1 000 Kényans en Russie, où nombre d’entre eux ont été enrôlés de force dans l’armée, a été arrêté, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi 26 février 2026 la police kényane.

Festus Omwamba, 33 ans, « un homme qui était dans le viseur de la police pour son implication dans la traite d’êtres humains », a été interpellé par des agents à Moyale, une ville frontalière de l’Éthiopie, selon un communiqué de la Direction des enquêtes criminelles (DCI) kényane. Il était en fuite après être récemment rentré de Russie.

Ce fondateur d’une agence de recrutement, Global Face Human Resources, par laquelle nombre des victimes sont passées, « est un acteur clé présumé d’un vaste réseau de traite d’êtres humains », a ajouté la DCI sur X. Il est actuellement « en garde à vue et fait l’objet de procédures en vue de sa prochaine comparution devant la justice ».

Plus de 1 000 Kényans ont été enrôlés de force au sein de l’armée russe, a affirmé la semaine dernière le député kényan Kimani Ichung’wah, se basant sur un rapport conjoint des services de renseignements et de la DCI. Selon ce rapport, 89 Kényans se trouvaient encore sur la ligne de front en février 2026, 39 étaient hospitalisés, 28 étaient portés disparus et au moins un est confirmé décédé.

Le député Kimani Ichung’wah avait expliqué qu’une enquête avait décrit Festus Omwamba comme « le cerveau de l’opération basé au Kenya, associé à d’autres agents à Moscou ». Le rapport des services de renseignement pointe une collusion entre des agences de recrutement et des responsables « voyous » des aéroports, de l’immigration, ainsi qu’avec du personnel de l’ambassade de Russie à Nairobi et de l’ambassade du Kenya à Moscou.

Plusieurs médias, dont l’AFP, ont montré récemment comment ces hommes, souvent sans aucun passé militaire, se sont vu promettre depuis le Kenya des emplois civils bien rémunérés en Russie pour se retrouver, une fois sur place, forcés de signer un contrat avec l’armée russe. Envoyés sur le front en Ukraine, souvent après une très courte formation militaire, nombre d’entre eux ont péri.

L’AFP avait pu parler à quatre Kényans qui avaient pu rentrer chez eux après avoir connu la guerre et la mort dans les rangs russes. Trois d’entre eux avaient été blessés. L’un d’entre eux s’y est rendu en croyant devenir vendeur, deux autres en espérant être agents de sécurité, et le quatrième sportif de haut niveau. Les quatre hommes avaient été recrutés via l’agence Global Face Human Resources et avaient dénoncé le rôle de Festus Omwamba dans cette affaire, mais aussi celui d’un de ses salariés, Edward Gituku, actuellement poursuivi pour trafic d’êtres humains mais remis en liberté sous caution.

Le gouvernement kényan a fermé plus de 600 agences de recrutement suspectées d’avoir dupé des Kényans avec des promesses d’emplois à l’étranger. Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, doit se rendre à Moscou en mars pour discuter de cette question et parvenir à un accord bilatéral excluant la conscription de soldats kényans.

Le gouvernement russe « n’a jamais été impliqué dans le recrutement illégal de citoyens kényans dans les forces armées de la Fédération de Russie », avait réagi le 19 février l’ambassade russe au Kenya, tout en précisant que la loi russe permet aux étrangers de s’enrôler volontairement.

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