L’Afrique de l’Ouest est « en état d’urgence ». C’est ce qu’a déclaré mardi 9 décembre 2025, Omar Touray, président de la CEDEAO, lors d’une réunion du conseil de sécurité du bloc régional à Abuja. Si le caractère formel de cette déclaration reste incertain, elle souligne l’inquiétude croissante face à la multiplication des crises politiques dans la région.
« Les événements de ces dernières semaines ont montré l’impératif d’une grave introspection sur l’avenir de notre démocratie et le besoin urgent d’investir dans la sécurité de notre communauté », a affirmé Omar Touray, citant une série de coups d’État, de tentatives de putsch et d’escalades sécuritaires.
Pour les analystes, cette déclaration traduit un effort de la CEDEAO pour restaurer sa crédibilité, notamment après son incapacité à intervenir efficacement suite au coup d’État de 2023 au Niger.
Selon Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer, « la CEDEÃO craint que les coups d’État ne deviennent le nouveau courant dominant en Afrique de l’Ouest. Maintenant, ils essaient de montrer qu’ils veulent dire affaires ».
L’inquiétude est palpable, alors que plusieurs pays de la région ont été secoués par des crises similaires ces derniers mois, menaçant la stabilité et la cohésion démocratique.
Parallèlement, le Sénégal et le Nigeria ont pris des mesures concrètes pour sécuriser la région. Mardi, le Sénat nigérian a approuvé une demande du président Bola Tinubu de déployer des troupes au Bénin, à la demande du gouvernement béninois.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une mission de soutien militaire après la tentative de coup d’État survenue dimanche dernier. Le Nigeria avait déjà effectué des frappes aériennes ciblées contre des véhicules blindés impliqués dans la tentative de prise de pouvoir, en coordination avec le gouvernement béninois.
Ces développements démontrent une fois encore, la fragilité de la démocratie en Afrique de l’Ouest et l’importance d’une coopération régionale renforcée pour prévenir de nouvelles crises.
Cette fois-ci, la CEDEAO semble déterminée à agir pour que la succession de coups d’État récents ne devienne pas la norme et pour protéger l’ordre constitutionnel dans la sous-région.
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