dimanche 18 janvier 2026

Législatives au Bénin : le Parti Les Démocrates en chute libre, la fin d’un mirage politique

Les derniers résultats électoraux confirment sans ambiguïté une dynamique négative déjà perceptible depuis plusieurs mois : le parti Les Démocrates (LD) n’a pas fait mieux qu’en 2023. Plus préoccupant encore, son score est en nette régression, au point de représenter aujourd’hui moins de 17 % de l’électorat. Une contre-performance qui acte l’effondrement progressif d’une formation politique incapable de transformer une opportunité historique en projet crédible de gouvernement.

En 2023, les LD avaient bénéficié d’un vote d’émotion massif, nourri par un contexte politique tendu et par le désir de sanction exprimé par une frange de l’électorat. Mais ce soutien, largement affectif, s’est révélé volatil. Avec le temps, nombre d’électeurs ont pris la mesure des limites du parti, notamment son incapacité à se comporter comme une alternative sérieuse de gouvernance.

La mauvaise gouvernance interne a lourdement pesé sur cette débâcle. Absence de démocratie interne, gestion opaque, conflits de leadership et décisions unilatérales ont fragilisé la cohésion du parti. À cela s’est ajouté un régionalisme assumé ou perçu, incarné par certains dirigeants, qui a progressivement réduit les LD à une formation politiquement tribaliste, clivante, loin de toute ambition nationale. Ces dérives avaient pourtant été dénoncées, en leur temps, par plusieurs députés aujourd’hui démissionnaires.

Cette crise de confiance s’est traduite par une véritable désertion des rangs. Houmenou Dénise, Do-Régo B. Léansou, Adjovi Chantale, Godonou Joël, Nahum Constant et Sodjinou Michel ont quitté un parti qu’ils estimaient engagé sur une trajectoire sans issue. Ces départs n’ont rien d’anecdotique : ils constituent un acte d’accusation politique contre une direction jugée incapable de corriger ses errements.

À ces abandons s’ajoutent des décisions lourdes de sens. Ahossi Comlan a démissionné, tandis qu’Éric Houndété et Nourénou Atchadé ont choisi de ne pas se porter candidats, préférant se retirer d’une barque qu’ils estimaient déjà en train de chavirer. Ces retraits successifs ont accéléré la perte de crédibilité du parti, aussi bien auprès de l’opinion que de ses propres militants.

Aujourd’hui, le constat est sans appel : le parti Les Démocrates s’est totalement effondré. Réduit à moins de 17 %, affaibli par ses contradictions internes et vidé de plusieurs de ses cadres, il apparaît davantage comme une force résiduelle que comme une opposition structurée capable d’incarner une alternance politique au Bénin.

Sans refondation profonde, tant idéologique qu’organisationnelle, et sans une rupture claire avec les pratiques qui ont conduit à cette impasse, les LD risquent de rester prisonniers d’un passé révolu. L’épisode de 2023 restera alors dans l’histoire politique béninoise non pas comme le point de départ d’une reconquête, mais comme l’apogée d’un mirage désormais dissipé.

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires