Le Niger et les autorités de l’est libyen ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération. L’annonce a été faite dimanche 1er novembre 2026 par le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, à l’occasion d’une visite à Benghazi. Cette démarche traduit un rapprochement avec le camp du maréchal Khalifa Haftar, alors que Niamey entretient également des relations avec le pouvoir installé à Tripoli.
Le chef du gouvernement nigérien a indiqué, sur sa page Facebook, avoir été reçu par le général Saddam Haftar, vice-commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL) et fils de Khalifa Haftar. Ali Mahaman Lamine Zeine était accompagné de plusieurs responsables politiques et militaires, dont le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du chef de la junte nigérienne, Abdourahamane Tiani, ainsi que le général Abdourahmane Abou Zataka, chef d’état-major de l’armée de terre.
Un accord de coopération stratégique
À l’issue de la rencontre, le Premier ministre a annoncé la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties. « Dans le cadre du renforcement de nos relations bilatérales et de l’élargissement de notre coopération dans divers domaines, nous avons procédé à la signature d’un protocole d’accord de coopération stratégique entre la Libye et la République du Niger », a-t-il écrit.
Aucune précision n’a toutefois été donnée sur les secteurs concernés ni sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cet accord.
Ce rapprochement intervient quelques jours après la libération de deux ressortissantes européennes, une Suissesse et une Autrichienne, enlevées dans le nord du Niger et retenues pendant plus d’un an et demi par des membres du groupe État islamique au Sahel. Selon les informations rapportées, leur libération a été rendue possible grâce à une intervention des autorités de Benghazi.
Niamey conserve des relations avec Tripoli
La visite d’Ali Mahaman Lamine Zeine ne signifie pas pour autant une rupture avec les autorités de Tripoli. En juin dernier, le Premier ministre nigérien avait été reçu par Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement basé dans l’ouest libyen. Les échanges avaient alors porté sur les questions sécuritaires, économiques et régionales, selon les médias officiels nigériens.
La Libye reste divisée entre deux centres de pouvoir rivaux. À l’ouest, le gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdelhamid Dbeibah est reconnu par les Nations unies. À l’est, les autorités de Benghazi s’appuient sur l’Armée nationale libyenne, dirigée par Khalifa Haftar.
Pour le Niger, qui partage plus de 340 kilomètres de frontière avec la Libye, les enjeux sécuritaires sont importants. Des groupes rebelles hostiles au pouvoir militaire de Niamey opèrent dans cette zone. Ils affirment soutenir Mohamed Bazoum, le président renversé lors du coup d’État de 2023 et toujours détenu par la junte.
Ces groupes ont notamment mené des attaques contre les forces nigériennes et contre un oléoduc qui transporte le pétrole brut du Niger vers un port béninois. La coopération avec les différents acteurs libyens constitue donc un enjeu stratégique pour les autorités nigériennes.
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