Logement en Espagne : les députés disent non aux textes de Pedro Sánchez

Le gouvernement espagnol essuie un revers parlementaire sur l’un de ses dossiers les plus sensibles. Les députés ont rejeté vendredi 2 octobre 2026 les deux textes présentés par l’exécutif de Pedro Sánchez pour répondre à la crise du logement, malgré les appels du Premier ministre à dépasser les clivages politiques.

Le premier texte a été rejeté par 178 voix contre 172, sans abstention. Le second, consacré notamment au renouvellement automatique de certains contrats de location arrivés à échéance, a également été repoussé, avec 184 voix contre 166.

Les deux décrets avaient été adoptés quelques jours plus tôt par le gouvernement afin de renforcer la protection des locataires et de répondre à la hausse des difficultés d’accès au logement.

Parmi les mesures figuraient notamment la prolongation de certaines protections contre les expulsions, l’encadrement de plusieurs formes de location et la possibilité de prolonger certains contrats de location. Le second texte prévoyait plus spécifiquement un mécanisme de renouvellement automatique des baux sous certaines conditions.

Le gouvernement avait besoin du soutien de plusieurs formations parlementaires pour faire adopter ces mesures. L’exécutif, qui ne dispose pas d’une majorité au Congrès, avait notamment tenté jusqu’au dernier moment de convaincre les partis susceptibles de faire basculer le scrutin.

Sánchez appelle à dépasser les calculs politiques

Quelques minutes avant les votes, Pedro Sánchez avait appelé les députés à mettre de côté les affrontements partisans afin de permettre l’adoption des mesures sur le logement.

Mais les négociations n’ont pas permis de réunir une majorité suffisante. Le refus de Junts de soutenir les deux textes a notamment pesé sur leur sort, alors que le Parti populaire et Vox étaient également opposés aux décrets.

À l’extérieur du Congrès, plusieurs centaines de personnes étaient mobilisées pour demander des mesures face à la crise du logement. À l’annonce des résultats, des manifestants ont exprimé leur colère et certains ont appelé à une grève générale.

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement déclenché notamment par l’expulsion, en septembre, d’une Madrilène de 87 ans, devenue un symbole des difficultés rencontrées par certains locataires face à la hausse des prix et aux conditions du marché immobilier.

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