Au Mali, les préparatifs militaires s’intensifient dans la région de Kidal, où de nouveaux affrontements semblent imminents entre l’armée malienne, ses alliés russes de l’Africa Corps et les groupes armés présents dans le nord du pays.
Depuis le 25 avril, les jihadistes du Jnim et les combattants indépendantistes du FLA ont repris le contrôle de la ville de Kidal après une offensive qui a provoqué le retrait des forces maliennes.
Dans la foulée, l’armée et ses partenaires russes ont également quitté le camp de Tessalit le 1er mai, ce qui avait alimenté les spéculations sur une possible perte de contrôle de toute la région. Toutefois, les forces maliennes restent encore déployées dans plusieurs positions stratégiques, notamment à Aguelhoc et Anefis.
Selon l’état-major malien, ce retrait s’inscrit dans une « réarticulation » du dispositif militaire visant à préparer une reconquête des zones perdues.
Du côté du Front de libération Azawad, les déclarations se veulent offensives. Un responsable militaire du mouvement affirme que « les combats vont reprendre bientôt », laissant entrevoir une nouvelle phase d’escalade dans le nord du Mali.
Parallèlement, les jihadistes renforcent le blocus imposé depuis le 30 avril autour de Bamako. Les attaques revendiquées par le Jnim se multiplient tandis que l’armée malienne intensifie ses opérations militaires dans plusieurs régions du pays.
L’état-major annonce notamment avoir repris le contrôle du camp de Labezzanga, dans la région de Gao, après une incursion de l’État islamique au Sahel. Des frappes aériennes ont également été menées dans les zones de Sévaré, Dioura et Ménaka.
Ce nouvel épisode de tensions ne peut être compris sans le replacer dans son contexte. Le pays traverse en effet l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente avec une multiplication des offensives jihadistes et des luttes d’influence entre milices et mouvements rebelles qui déstabilisent durablement plusieurs zones stratégiques. Un terrain déjà miné, sur lequel la moindre étincelle risque d’embraser un peu plus la région.
