Plus de 600 combattants issus de milices du Centre et de mouvements armés du Nord ont rejoint les rangs des Forces armées maliennes (FAMa), dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDR-I).
Cette opération est pilotée par le ministère de la Réconciliation nationale. Elle vise à offrir une nouvelle place aux anciens combattants dans les structures de l’État et à contribuer à la stabilisation du pays.
Parmi les nouvelles recrues figurent plus de 300 membres du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), un groupe proche des autorités de transition. Après leur formation, ces anciens combattants doivent intégrer officiellement l’armée malienne avec le grade de soldat de deuxième classe.
Un programme qui vise 2 000 ex-combattants
Le processus doit aller au-delà de cette première vague. Selon Ilyas Ag Siguidi, porte-parole du MSA, les autorités maliennes prévoient l’intégration d’environ 2 000 ex-combattants au sein des forces armées.
Le dispositif doit notamment concerner 30 chasseurs traditionnels dozos, 137 combattants issus de mouvements peuls et près de 400 anciens membres de groupes armés du Nord.
Cette nouvelle étape prolonge les efforts engagés par Bamako au cours des dernières années pour favoriser la réintégration des combattants et renforcer les capacités de l’armée nationale.
Une dynamique engagée depuis plusieurs années
Le processus DDR-I n’est pas nouveau au Mali. Selon Aly Tounkara, directeur exécutif du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, plus de 1 300 combattants avaient déjà intégré les différents corps de l’armée ou bénéficié d’une insertion professionnelle en août 2021.
La dynamique s’est poursuivie après le départ de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Le programme DDR-I a ainsi permis d’intégrer de nouveaux membres issus des groupes armés et des milices d’autodéfense.
Pour les autorités, cette politique doit permettre de transformer d’anciens acteurs des conflits en éléments des forces nationales. Elle reste toutefois confrontée à plusieurs défis, notamment la formation, l’encadrement et l’intégration durable de ces nouvelles recrues.
La réinsertion, autre enjeu majeur
Le programme ne se limite pas au recrutement dans l’armée. Environ 1 000 autres combattants doivent bénéficier d’un accompagnement vers la réinsertion socioprofessionnelle.
Cette étape constitue un volet essentiel du dispositif. Elle doit permettre aux anciens combattants qui ne rejoindront pas les forces de sécurité de retrouver une activité civile et de disposer de perspectives économiques.
Pour les spécialistes, la réussite du DDR-I dépendra donc de sa continuité et de sa capacité à offrir des solutions durables aux bénéficiaires. Au-delà du nombre de combattants intégrés, c’est la stabilité à long terme du Mali qui reste en jeu.
