Mamadi Doumbouya : « Le vrai putschiste, c’est celui qui change les règles du jeu pendant la partie »

Le président guinéen Mamadi Doumbouya a consacré une partie de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2026, à la question des modifications constitutionnelles en Afrique. Depuis la tribune de l’ONU, il a estimé que les changements de règles destinés à prolonger le mandat de dirigeants pouvaient constituer une autre forme de rupture de l’ordre institutionnel.

Selon le chef de l’État guinéen, le terme de « putschiste » ne devrait pas uniquement désigner les militaires qui renversent un pouvoir par la force. Il l’a également appliqué aux dirigeants qui modifient les règles constitutionnelles au cours de leur mandat.

« Le vrai putschiste, c’est celui qui change les règles du jeu pendant la partie », a-t-il déclaré, selon le texte de son discours. Cette formule reprend une idée déjà développée par Mamadi Doumbouya lors de son discours à l’ONU en 2023.

Le président guinéen a établi un lien entre les crises politiques observées sur le continent et plusieurs pratiques qu’il associe au non-respect des règles institutionnelles. Il a notamment évoqué les promesses non tenues, « l’endormissement du peuple » et le « tripatouillage des constitutions ».

Dans son argumentaire, les modifications constitutionnelles destinées à permettre à certains dirigeants de rester au pouvoir constitueraient, selon lui, l’une des causes des ruptures politiques et des coups d’État enregistrés en Afrique.

Cette position fait écho à son discours de 2023, dans lequel il avait déjà affirmé que certains dirigeants cherchaient à manipuler les textes constitutionnels afin de se maintenir au pouvoir.

Un discours prononcé alors que la Guinée défend sa nouvelle Constitution

Cette prise de position a été formulée alors que Mamadi Doumbouya défendait également le processus institutionnel engagé en Guinée. Il a présenté la nouvelle Constitution et la « refondation » du pays comme une démarche adaptée aux réalités nationales et africaines.

Le chef de l’État guinéen a aussi mis en avant le processus électoral et la mise en place de nouvelles institutions. Les autorités guinéennes ont d’ailleurs publié, le 23 septembre, le discours prononcé par le président à la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Le propos intervient dans un contexte particulier pour Mamadi Doumbouya. Il avait pris le pouvoir le 5 septembre 2021 après le renversement d’Alpha Condé, dont la réforme constitutionnelle avait permis la candidature à un troisième mandat. Cette modification avait suscité une forte contestation en Guinée.

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