Les autorités nigériennes ont lancé une vaste opération de déguerpissement autour de l’Aéroport international Diori Hamani, une mesure qui devrait affecter près de 26 000 personnes installées dans plusieurs lotissements situés aux abords de la plateforme aéroportuaire.
Prévue d’ici la fin du mois, cette opération concerne quatre zones d’habitation que le gouvernement considère comme occupées de manière irrégulière. Les autorités justifient cette décision par des impératifs de sécurité, dans un contexte marqué par une montée des menaces sécuritaires dans la capitale Niamey.
Sur le terrain, l’annonce suscite inquiétude et incompréhension parmi les habitants concernés. Beaucoup affirment avoir acquis leurs parcelles légalement et investi d’importantes ressources dans la construction de leurs habitations.
« Nous avons acheté nos terrains dans les règles et bâti nos maisons. Ce sont des investissements considérables », confie un résident affecté par la mesure, qui appelle à davantage de temps pour organiser son départ.
Le gouverneur de Niamey, le général Assoumane Abdou Harouna, s’est récemment rendu sur les lieux pour expliquer les motivations de cette décision. Selon lui, le désengorgement de cette zone est devenu indispensable pour garantir la sûreté aérienne, protéger les populations et sécuriser des infrastructures stratégiques.
Les autorités ont assuré que les personnes concernées bénéficieront de compensations financières, mais plusieurs habitants réclament une évaluation plus précise des dédommagements ainsi qu’un calendrier plus souple, alors que l’année scolaire est en cours et que la fête de la Aïd el-Kébir approche.
Cette opération intervient quelques mois après une attaque contre la Base aérienne 101, située dans la même zone, revendiquée par le groupe État islamique, renforçant les préoccupations sécuritaires autour de l’aéroport.
Dans ce climat de vigilance accrue, les autorités ont également annoncé de nouvelles restrictions de circulation à Niamey. Certains véhicules lourds, notamment les semi-remorques, camions-bennes et transporteurs de matières inflammables, ne pourront plus circuler dans certaines zones sensibles de la capitale, à l’exception des transports publics.
À travers ces mesures, le gouvernement nigérien affirme vouloir renforcer la protection de ses infrastructures stratégiques face à un contexte sécuritaire de plus en plus tendu.
