Niger : coup de tonnerre, deux personnes privées de leur nationalité

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Niger aéroport de Niamey, junte militaire

Au Niger, la question de la nationalité s’inscrit désormais au cœur de la stratégie sécuritaire du pouvoir militaire. Le général Abdourahamane Tiani a signé un nouveau décret actant la déchéance provisoire de la nationalité nigérienne de deux personnes, accusées d’activités jugées menaçantes pour l’ordre public.

Les personnes visées sont Takoubakoye Amanata, née Aminata Boureima à Niamey, et Djibo Yaya, née en Côte d’Ivoire. Selon les autorités, elles sont soupçonnées d’avoir mené des actions susceptibles de perturber la paix et la sécurité publique. Des accusations graves sont également avancées, notamment la diffusion de contenus troublant l’ordre public, des faits de diffamation et d’injures via des moyens de communication électronique, ainsi que l’apologie du terrorisme.

Ce décret s’appuie sur une ordonnance adoptée en août 2024 et renforcée en octobre de la même année. Ce dispositif juridique prévoit la création d’un fichier recensant les personnes ou entités impliquées dans des actes considérés comme portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Il encadre également les modalités de retrait de la nationalité, dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023.

Depuis l’entrée en vigueur de ce texte, plusieurs figures associées à l’ancien régime ont été ciblées. Parmi elles, d’anciens ministres et des hauts responsables militaires accusés d’activités subversives. Ces mesures traduisent une volonté affichée des autorités de transition de consolider leur pouvoir face à ce qu’elles considèrent comme des menaces internes.

La déchéance de nationalité prononcée reste toutefois provisoire. Elle intervient en attendant une décision de justice définitive. En cas de condamnation, la mesure devient irrévocable. À l’inverse, un acquittement permettrait aux personnes concernées de recouvrer leurs droits civiques.

Cette situation place néanmoins les individus visés dans une position juridique fragile. Ceux ne disposant pas d’une autre nationalité pourraient se retrouver apatrides, sans protection étatique claire. Une perspective qui suscite des inquiétudes, notamment parmi les proches de l’ancien pouvoir, peu confiants quant à une éventuelle réhabilitation.

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