Le préfet de Torodi, localité située à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Niamey, est tué avec plusieurs membres de sa famille lors d’une attaque attribuée à des jihadistes présumés, dans la nuit de dimanche à lundi 5 janvier 2026. Le drame illustre une nouvelle fois la dégradation de la situation sécuritaire dans l’ouest du Niger.
Selon des sources locales jointes par l’AFP, des assaillants lourdement armés attaquent la résidence du préfet vers 2 heures du matin. Le capitaine Chaibou Mali, son épouse et leurs enfants meurent calcinés après qu’une roquette a été tirée sur le domicile familial. Une autre source confirme l’attaque et précise que les victimes se trouvaient toutes à l’intérieur de la maison au moment de l’assaut. Les corps doivent être inhumés mardi à Niamey.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda, est désigné comme responsable de l’attaque par un collectif de journalistes ouest-africains spécialisés dans les questions sécuritaires au Sahel. Le groupe évoque un bilan d’au moins sept morts et affirme que les jihadistes ont brièvement pris le contrôle de la ville de Torodi jusqu’aux environs de 5 heures du matin.
L’attaque suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux. Maikoul Zodi, figure de la société civile proche du pouvoir, appelle les autorités à réagir « avec détermination et célérité » face à ce qu’il qualifie de tragédie nationale.
Le Niger, dirigé par un régime militaire depuis le coup d’État de 2023, reste confronté à des violences récurrentes de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, particulièrement dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Mali. Fin décembre, les autorités ont annoncé une mobilisation générale et la possibilité de réquisitions pour renforcer la lutte antijihadiste.
Avec le Mali et le Burkina Faso, le Niger fait partie de l’Alliance des États du Sahel, qui a lancé une force militaire conjointe de 5 000 hommes. Malgré ces initiatives, la région demeure l’épicentre des violences jihadistes en Afrique, avec plus de 10 000 morts enregistrés en 2025, selon l’ONG Acled.
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