mardi 17 février 2026

Nigéria : un témoin relie des flux financiers publics à Ali Bello dans le procès pour fraude présumée de 10,27 milliards de nairas

Le procès d’Ali Bello, chef de cabinet du gouverneur de l’État de Kogi, Ahmed Usman Ododo, a connu un nouveau développement le 16 février 2026 devant le juge James Omotosho à la Haute Cour fédérale de Maitama, Abuja.

Le 17e témoin à charge (PW17), Ahmed Audu Abubakar, enquêteur auprès de la Economic and Financial Crimes Commission (EFCC), a affirmé que des fonds issus du gouvernement de l’État de Kogi avaient été transférés en lien avec le premier accusé.

Une affaire à 10,27 milliards de nairas

L’EFCC poursuit Ali Bello, neveu de l’ancien gouverneur Yahaya Adoza Bello, aux côtés de Dauda Sulaiman. Les deux hommes font face à un acte d’accusation modifié comportant 16 chefs, portant notamment sur des faits présumés de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent, pour un montant total de 10 270 556 800 nairas.

Selon le témoin, la pièce versée au dossier comme « Exhibit F » contient le détail des mouvements financiers (entrées et sorties de fonds) retracés au cours de l’enquête.

Des transferts en espèces et via bureau de change

À la barre, PW17 a indiqué qu’un décaissement de 91 000 dollars, daté du 5 février 2021, avait été effectué au profit de « Oga Ali », présenté comme une référence directe à Ali Bello.

Le témoin a également mentionné :

• un versement de 150 000 nairas le 6 février 2021 à un bénéficiaire désigné comme « Presido » ;
• un transfert de 150 millions de nairas acheminés de Lokoja vers un opérateur de bureau de change, via un certain Abdulrasheed (« Rashido ») ;
• des paiements datés du 19 février 2021, dont 10 millions de nairas attribués à Ali Bello et 500 000 nairas à « Daud », identifié comme le second accusé, Dauda Sulaiman.

Acquisition immobilière à Abuja

Le témoin a également évoqué des transferts de 80 millions et 20 millions de nairas vers le compte n°1000688500 appartenant à Dantata and Sawoe Construction Company.

Ces paiements, totalisant 100 millions de nairas, auraient servi à l’acquisition du terrain n°1060 situé à Gwarimpa, Abuja. Selon le témoignage, les fonds proviendraient d’un certain Maigari Murtala, présenté comme un allié du premier accusé et en contact avec un opérateur de change.

La procuration irrévocable relative à cette propriété a été admise au dossier comme pièce à conviction.

Bataille procédurale sur la recevabilité des déclarations

L’audience a également été marquée par un débat procédural concernant l’admissibilité des déclarations extrajudiciaires des accusés, recueillies entre novembre et décembre 2022.

Les avocats de la défense ont contesté leur recevabilité, invoquant un non-respect présumé des dispositions de la loi nigériane sur l’administration de la justice pénale (ACJA), notamment quant au caractère volontaire des enregistrements audiovisuels.

Après avoir entendu les arguments des deux parties, le juge Omotosho a ordonné l’ouverture immédiate d’un « procès dans le procès » afin de statuer sur la question du consentement libre et éclairé des accusés lors de leurs déclarations.

PW17, entendu dans ce cadre, a soutenu que les déclarations avaient été faites sans menaces ni promesses et en présence des avocats des accusés. À l’issue de cette procédure incidente, les déclarations ont été admises comme preuves, aucune objection supplémentaire n’ayant été soulevée.

Prochaine audience

Après le contre-interrogatoire du témoin par les conseils des deux accusés, le tribunal a ajourné l’affaire au 17 février 2026 pour la poursuite du procès.

Ce dossier, emblématique des poursuites engagées par l’EFCC contre des responsables et proches d’anciens dirigeants régionaux, continue de retenir l’attention dans un contexte nigérian marqué par une vigilance accrue en matière de gouvernance financière et de reddition des comptes.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires