Depuis plusieurs mois, l’hypothèse d’une candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies alimente les spéculations diplomatiques. En coulisses, un lobbying actif se met en place, tandis qu’au Sénégal, le projet suscite une profonde controverse politique et morale.
La succession à la tête de l’Organisation des Nations unies, prévue fin 2026, pourrait placer un ancien chef d’État africain au centre du jeu diplomatique mondial. Macky Sall, président du Sénégal de 2012 à 2024, n’a jamais officiellement annoncé sa candidature, mais il n’a jamais réellement démenti non plus. Depuis son installation à Marrakech après la fin de son mandat, il entretient le flou et évoque à plusieurs reprises sa disponibilité à « servir l’ONU » si les conditions politiques et diplomatiques s’y prêtent.
Début février 2026, une déclaration des autorités congolaises, en marge d’une visite officielle du président Bassirou Diomaye Faye, a ravivé le débat. Elles ont évoqué ouvertement une possible candidature de Macky Sall qui pourrait bénéficier du soutien des États africains. Une sortie qui a immédiatement provoqué des réactions au Sénégal.
En coulisses, le travail diplomatique semble déjà engagé. Plusieurs sources évoquent un intense lobbying international, impliquant des chefs d’État africains, des réseaux diplomatiques occidentaux et des partenaires stratégiques. L’ancien président sénégalais bénéficie d’un carnet d’adresses solide, construit au fil de ses fonctions : président de l’Union africaine, envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète, co-dirigeant du Global Center on Adaptation aux côtés de Ban Ki-moon. Des positions qui renforcent son profil sur la scène multilatérale.
Mais la route vers l’ONU reste semée d’obstacles. La logique non écrite de rotation géographique pourrait favoriser l’Amérique latine. D’autres États plaident pour la désignation d’une femme à la tête de l’organisation. Surtout, le processus de sélection passe par l’aval du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto décisif.
Au Sénégal, la candidature divise profondément. Pour ses partisans, elle représenterait une opportunité historique de rayonnement diplomatique pour le pays et pour l’Afrique. Pour ses opposants, elle constitue une provocation. ONG, acteurs politiques et figures de la société civile dénoncent son bilan en matière de démocratie, de droits humains et de gestion des crises politiques internes.
Entre ambitions internationales et contestation nationale, la perspective d’une candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU cristallise ainsi un double affrontement : diplomatique à l’échelle mondiale, politique au cœur même du Sénégal. Un dossier qui s’annonce comme l’un des enjeux africains majeurs de la diplomatie internationale en 2026.
