L’Union africaine a décidé de ne pas apporter de soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Une décision qui met en lumière des divisions internes au sein de l’organisation continentale, à quelques mois de la désignation du successeur d’António Guterres.
Au cœur des tensions, la méthode employée pour porter cette candidature. L’initiative, soutenue par Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’UA, a été introduite via une « procédure silencieuse ». Ce mécanisme, jugé légal par ses défenseurs, a toutefois suscité de vives critiques. Plusieurs États membres reprochent un manque de concertation préalable, notamment l’absence d’examen par le comité des candidatures avant sa soumission aux chefs d’État.
Le délai accordé aux pays pour se prononcer a également alimenté les contestations. Alors que la pratique habituelle prévoit 48 heures, seulement 24 heures auraient été laissées aux États pour réagir. Une décision vue par certains diplomates comme une tentative de passage en force qui a contribué à crisper davantage les positions.
Autre source de mécontentement, l’absence de consultation formelle du Sénégal avant l’introduction de la candidature. Cette démarche a été jugée précipitée et peu conforme aux usages diplomatiques au sein de l’organisation.
Enfin, certains États évoquent un principe non écrit de rotation géographique, selon lequel le poste de secrétaire général de l’ONU devrait revenir, cette fois-ci, à un pays d’Amérique latine.
Malgré l’opposition d’une vingtaine de pays, les soutiens de Macky Sall affirment disposer d’une majorité au sein du continent. L’ancien président sénégalais maintient sa candidature, alors que l’absence de consensus entre les pays africains risque de peser lourd dans la balance sur l’échiquier international.

