Au Bénin, l’une des questions qui anime actuellement les observateurs de la vie politique béninoise concerne la première visite officielle à l’étranger que devrait effectuer le président Romuald Wadagni.
En l’absence d’une annonce officielle de la présidence béninoise, plusieurs médias avancent déjà différentes pistes concernant le premier déplacement international de Romuald Wadagni. Le Niger, la Côte d’Ivoire de Alassane Ouattara ou encore le Nigeria figurent parmi les destinations évoquées. Si l’une de ces options venait à se confirmer, elle pourrait révéler les premières orientations diplomatiques du nouveau président béninois.
Et pour cause, traditionnellement, la première sortie internationale d’un président béninois est souvent scrutée comme un signal politique fort. Elle permet de décrypter les orientations diplomatiques du nouveau pouvoir et d’identifier les partenaires considérés comme stratégiques.
En 2006, dès son accession au pouvoir, Boni Yayi avait choisi le Nigeria pour sa première visite officielle. Un choix loin d’être anodin au regard des relations économiques et commerciales qui lient les deux pays. Première puissance économique de l’Afrique de l’Ouest, le Nigeria constitue depuis plusieurs décennies un partenaire incontournable pour le Bénin.
Dix ans plus tard, en 2016, Patrice Talon avait surpris plus d’un observateur en effectuant sa première sortie internationale à Kigali auprès du président Paul Kagame. Cette visite avait été interprétée comme la volonté du nouveau dirigeant béninois de s’inspirer du modèle rwandais en matière de gouvernance, de modernisation de l’administration et d’attractivité économique.
Les destinations évoquées pour la première sortie internationale du président béninois ne sont pas anodines. Entre le Niger, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, chacune présente des enjeux particuliers dans une sous-région confrontée à de multiples défis. La Côte d’Ivoire, en particulier, continue de jouer un rôle majeur dans les équilibres économiques et diplomatiques ouest-africains.
Une rencontre entre Romuald Wadagni et Alassane Ouattara pourrait notamment permettre d’aborder des questions liées à la coopération économique, aux investissements, à la sécurité régionale ou encore à l’intégration sous-régionale.
Pour l’heure, toutefois, le palais de la Marina garde le silence. Aucune date ni aucun programme officiel n’ont été communiqués concernant une éventuelle sortie internationale du nouveau président béninois.
Quelle que soit la destination finalement retenue, ce premier déplacement présidentiel revêtira une portée particulière. Il constituera un indicateur important des relations que Romuald Wadagni entend privilégier et de la place qu’il souhaite accorder à la diplomatie dans la conduite de son mandat.
