RDC : Félix Tshisekedi prêt à briguer un troisième mandat « si le peuple le veut »

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, ne ferme plus la porte à un troisième mandat. Lors d’une conférence de presse organisée mercredi soir à Kinshasa, le chef de l’État congolais a affirmé qu’il était prêt à « revenir au front » si les Congolais le demandaient.

Pendant près de trois heures d’échanges avec la presse, en présence de plusieurs membres du gouvernement, le président a abordé la question sensible d’une éventuelle réforme constitutionnelle. Un débat qui alimente depuis plusieurs mois les tensions politiques dans le pays.

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi a assumé publiquement le projet porté par son camp politique autour d’une révision, voire d’un changement de Constitution. Selon lui, cette réflexion ne relève ni d’une improvisation ni d’une stratégie personnelle récente, mais d’une orientation défendue de longue date par l’Union pour la démocratie et le progrès social.

Le président congolais a également introduit un nouvel argument pour justifier cette éventuelle réforme. Il a évoqué le partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington, estimant que certains engagements nécessiteraient des adaptations institutionnelles.

Sur son avenir politique, Félix Tshisekedi s’est montré direct. « Si les Congolais me demandent de revenir, je suis à leur disposition », a-t-il déclaré. Il a toutefois précisé qu’aucune modification constitutionnelle ne pourrait intervenir sans consultation populaire par référendum.

Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu autour de l’article 220 de la Constitution congolaise, qui verrouille notamment la limitation des mandats présidentiels. Les Églises catholique et protestante ont plusieurs fois exprimé leurs inquiétudes face à toute tentative de révision de ce texte.

Le chef de l’État a par ailleurs averti que les élections prévues en 2028 pourraient ne pas se tenir si la guerre persiste dans l’est du pays. Selon lui, il serait impossible d’organiser un scrutin national sans la participation des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, toujours confrontées à l’insécurité.

Ces déclarations ont rapidement provoqué des réactions dans l’opposition. Des proches de Joseph Kabila accusent déjà le pouvoir de préparer une remise en cause de l’ordre constitutionnel sous couvert de crise sécuritaire.

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