RDC : Washington gèle les avoirs de l’armée rwandaise et de quatre hauts gardés

La diplomatie américaine change de registre. Ce lundi 2 mars 2026, le département d’État a annoncé des sanctions ciblées contre les Forces de défense rwandaises (FDR) et quatre de leurs hauts gradés, dont le chef d’état-major Vincent Nyakarundi. Motif, leur soutien « opérationnel direct » au M23, groupe rebelle actif dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Le M23, entité sanctionnée par les États-Unis et l’ONU, est responsable d’atroces violations des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des actes de violence contre des civils, y compris des femmes et des enfants », a déclaré le porte-parole Tommy Pigott.

Les sanctions impliquent le gel de tous les avoirs détenus aux États-Unis par les personnes visées et l’interdiction pour toute entreprise américaine de commerce avec elles. Une mesure qui frappe au cœur l’appareil militaire rwandais.

En décembre, le président américain avait pourtant réuni Paul Kagame et Félix Tshisekedi à la Maison-Blanche. Il prédisait alors un « grand miracle » après la signature d’un accord de paix. Quelques jours plus tard, le M23 s’emparait d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu.

Washington n’a pas digéré ce camouflet. « Comme le président Trump l’a clairement indiqué, les États-Unis sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour s’assurer que la RDC et le Rwanda tiennent les promesses de cet accord historique », insiste le communiqué.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a ajouté comme exigence, « le retrait immédiat des troupes, des armes et de l’équipement » des FDR. Selon ses services, des milliers de soldats rwandais restent déployés dans l’est congolais, où ils participent activement aux opérations de combat aux côtés du M23.

Kigali dénonce des accusations « injustes »

Le Rwanda n’a pas tardé à réagir. Dès lundi soir, un communiqué officiel dénonce des sanctions qui « visent injustement une seule partie » et « ne reflètent pas la réalité ». Kigali accuse en retour la RDC de « violations manifestes des accords de cessez-le-feu ».

Une position qui contraste avec l’attitude conciliante affichée ces derniers mois. Paul Kagame s’était dit disposé à accueillir des migrants expulsés des États-Unis, un objectif politique majeur pour Donald Trump. Les calculs géopolitiques semblent aujourd’hui voler en éclats.

Le président rwandais avait pourtant exhorté son pays à plus d’autosuffisance en février, alors que les appels en faveur de sanctions se multipliaient à Washington. La « priorité principale » du régime prend désormais une tout autre dimension.

Une région toujours à feu et à sang

Pour information, depuis fin 2021, le M23 s’est emparé de vastes territoires dans l’est congolais. Avec le soutien affirmé de Kigali et de son armée, le groupe contrôle désormais des zones stratégiques de cette région riche en ressources, ravagée par les conflits depuis plus de trente ans.

Les États-Unis rappellent que le M23 figure sur leurs listes noires comme sur celles de l’ONU. Les exactions commises contre les civils, en particulier les femmes et les enfants, justifient selon Washington la fermeté de la réponse.

Reste à savoir si ces sanctions suffiront à faire plier Paul Kagame, habitué aux critiques internationales. Et si Donald Trump, qui mise sur son image de faiseur de paix, acceptera de voir son « grand miracle » de décembre définitivement enterré dans les collines du Kivu.

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