À l’approche de l’élection présidentielle béninoise d’avril 2026, un nom s’impose avec constance dans les cercles politiques, économiques et diplomatiques : Romuald Wadagni.
Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances depuis 2016 sous la présidence de Patrice Talon, il est perçu comme l’un des principaux architectes de la transformation macroéconomique du Bénin au cours de la dernière décennie. Son profil conjugue expertise technique de haut niveau, crédibilité internationale et enracinement national; un triptyque encore rare dans le paysage politique ouest-africain.
Une trajectoire entre enracinement local et excellence internationale
Né le 20 juin 1976 à Ouèdèmè, dans la commune de Lokossa, Romuald Wadagni incarne une génération de dirigeants africains formés à la fois dans les réalités locales et dans les standards des grandes institutions mondiales.
Diplômé de l’École supérieure de commerce de Grenoble et formé à l’Université Harvard, il suit un double parcours d’expertise comptable en France et aux États-Unis , une rareté dans sa génération.
Avant son entrée au gouvernement, il devient l’un des plus jeunes associés du cabinet international Deloitte, où il supervise des activités couvrant l’Afrique francophone et conseille de grands groupes internationaux.
Cette expérience lui confère une compréhension fine des mécanismes financiers globaux, des marchés de capitaux et des standards internationaux de gouvernance des acquis qui marqueront durablement son action publique.
L’artisan de la crédibilité financière béninoise
Lorsqu’il prend la tête du ministère de l’Économie et des Finances en 2016, le Bénin engage une phase de réformes structurelles ambitieuses. Son rôle devient rapidement central dans la mise en œuvre du programme économique de l’exécutif.
Sous sa coordination :
- l’administration budgétaire est modernisée ;
- la mobilisation des recettes internes est renforcée ;
- la gestion de la dette publique est rationalisée ;
- la transparence et la discipline budgétaire sont consolidées.
Le Bénin accède aux marchés financiers internationaux dans des conditions inédites, mobilisant plusieurs milliards d’euros et diversifiant ses instruments de financement. Le pays se distingue également comme pionnier africain de la finance durable, notamment à travers l’émission d’obligations liées aux Objectifs de développement durable.
En 2020, sur la base des performances enregistrées en 2019, la Banque mondiale reclassifie le Bénin parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, consacrant une trajectoire marquée par un taux de croissance supérieur à 7 % et un déficit budgétaire maintenu sous la barre des 3 % avant la crise mondiale.
Un acteur régional discret mais influent
Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, Romuald Wadagni participe activement aux discussions relatives à l’évolution du cadre monétaire régional, notamment lors de la réforme du franc CFA.
Cette réforme met fin à l’obligation de centralisation de 50 % des réserves de change au Trésor français, renforçant la souveraineté financière des États membres.
Sa ligne directrice demeure constante : préserver la crédibilité financière du pays, sécuriser l’accès aux marchés internationaux et maintenir la confiance des partenaires, y compris dans un contexte mondial marqué par la volatilité et les tensions géopolitiques.
Au-delà du technocrate : l’ancrage productif
Réduire Romuald Wadagni à une figure strictement technocratique serait réducteur. Son parcours révèle un ancrage social et territorial assumé.
Formé au centre Centre Songhaï, il entretient un lien étroit avec le secteur agricole, pilier de l’économie béninoise. Promoteur d’exploitations agricoles à Savalou, dans le centre du pays, et à Comé, dans le sud-ouest, il conjugue expertise financière internationale et engagement productif local.
Cette double identité expert financier global et acteur enraciné dans les dynamiques nationales constitue l’un des axes structurants de son positionnement politique.
Un profil présidentiable dans un contexte régional fragile
À l’échelle régionale, l’Afrique de l’Ouest traverse une période d’instabilité institutionnelle et politique. Dans ce contexte, le Bénin apparaît comme l’un des rares pays ayant maintenu une continuité institutionnelle stable.
La perspective d’une candidature de Romuald Wadagni en 2026 s’inscrit dans une logique de continuité stratégique. Pour ses soutiens, il représente la garantie d’une transition maîtrisée et l’accélération du progrès économique. Pour ses critiques, le défi sera d’élargir son audience politique au-delà des cercles technico-financiers et de consolider une adhésion populaire transversale.
Quoi qu’il en soit, son nom figure désormais au centre des scénarios présidentiels.
Vers une nouvelle génération de leadership africain ?
Romuald Wadagni appartient à une génération de dirigeants africains combinant formation internationale, maîtrise technique et expérience gouvernementale prolongée. Dix années à la tête des finances publiques lui confèrent une connaissance approfondie des enjeux budgétaires, sociaux et sectoriels du pays.
L’élection de 2026 pourrait ainsi constituer un test majeur : celui de la capacité d’un technocrate réformateur à franchir le seuil politique ultime et à incarner pleinement la fonction présidentielle.
Dans un Bénin engagé dans la consolidation de ses acquis économiques et institutionnels, son profil offre une hypothèse claire : celle d’un homme d’État forgé dans la rigueur, la responsabilité et le respect de la valeur travail un leadership de continuité, mais aussi de projection.
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