Le climat politique reste particulièrement tendu au Sénégal. Deux députés du parti Pastef, Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye, sont attendus ce 1er juin devant la section de recherches de la gendarmerie nationale pour être entendus dans le cadre d’affaires dont les motifs exacts n’ont pas été officiellement dévoilés.
Ces convocations font suite au limogeage d’Ousmane Sonko de ses fonctions gouvernementales le 22 mai dernier et les recompositions qui en ont découlé au sommet de l’État.
Dans un communiqué publié dimanche soir, le Pastef a dénoncé ce qu’il considère comme une possible tentative d’intimidation politique. Le parti a exprimé sa « profonde indignation » et mis en garde contre toute utilisation de la justice à des fins politiques.
L’affaire concernant Cheikh Bara Ndiaye semble liée à des déclarations faites à la télévision quelques jours auparavant. Le député avait affirmé que l’ancien ministre des Finances, Cheikh Diba, disposerait d’un compte personnel contenant « des centaines de milliards de francs CFA », des propos qui ont suscité une vive controverse.
De son côté, Guy Marius Sagna est connu pour ses prises de position tranchées sur les réseaux sociaux. Ces dernières semaines, il s’est montré particulièrement critique à l’égard de la nomination du nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. L’élu a également dénoncé ce qu’il qualifie de « braquage électoral » et a multiplié les critiques contre les orientations actuelles du pouvoir.
La situation suscite également des réactions au sein de la société civile. Amnesty International Sénégal, par la voix de son directeur Seydi Gassama, s’est inquiétée d’éventuelles poursuites liées à l’exercice de la liberté d’expression, estimant que certaines pratiques rappellent des épisodes déjà observés dans le passé.
Alors que le Sénégal attend toujours la formation d’un nouveau gouvernement, ces convocations renforcent les interrogations sur l’évolution du rapport de force entre le pouvoir et les figures influentes du Pastef. Dans un climat politique déjà électrique, cette nouvelle séquence pourrait relancer le débat, cette fois sur les libertés publiques et l’autonomie des institutions du pays.
