Le Pastef hausse le ton dans le cadre des discussions autour de la formation du nouveau gouvernement sénégalais. Au lendemain de la nomination du nouveau Premier ministre Ahmadou al Aminou Mohamed Lo, le parti dirigé par Ousmane Sonko a clairement affiché ses exigences avant toute participation à la future équipe gouvernementale.
Dans un communiqué publié mardi soir, le parti au pouvoir affirme avoir été approché par la présidence en vue des consultations liées à la composition du gouvernement. Toutefois, le Pastef conditionne son implication à plusieurs engagements politiques et économiques jugés essentiels.
Parmi les principales exigences figurent le respect du programme politique du parti ainsi que la poursuite des réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Le mouvement insiste également sur la nécessité de maintenir les renégociations des contrats stratégiques et de poursuivre la lutte contre la corruption et les circuits financiers opaques.
Autre point sensible, la question de la dette publique sénégalaise. Le Pastef refuse toute restructuration sans consensus national, un sujet qu’Ousmane Sonko a lui-même évoqué après son élection à la présidence de l’Assemblée nationale.
Le parti exige aussi d’être associé directement à la répartition des portefeuilles ministériels. Ses responsables rejettent toute tentative de négociation individuelle avec certains cadres du mouvement. « On négocie en bloc », a martelé Ansoumana Sambou, membre du comité exécutif du Pastef.
Cette sortie illustre les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et une partie de l’appareil du Pastef depuis le récent remaniement institutionnel. Plusieurs observateurs estiment désormais que le chef de l’État devra composer avec un parti déterminé à conserver son influence sur les grandes orientations politiques du pays.
Cette situation survient alors que le Sénégal traverse une période économique délicate. Les marchés financiers surveillent de près l’évolution de la crise politique alors que le pays doit faire face à d’importantes échéances liées au remboursement de sa dette. Une mission du Fonds monétaire international est d’ailleurs attendue à Dakar au début du mois de juin.
