Sénégal : l’épineuse question de l’éligibilité de Sonko taraude Pastef

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Pour beaucoup, la proposition de loi déposée par les députés de Pastef, qui dispose de la majorité, cache un objectif politique. En modifiant le Code électoral, ils chercheraient à rendre à Ousmane Sonko son éligibilité. Rappelons que le leader de Pastef a été condamné pour diffamation dans son procès contre Mame Mbaye Niang, ce qui le prive du droit de se porter candidat.

L’expert électoral Ousmane Badiane, chargé des élections de la Ligue démocratique (LD, opposition), partage cet avis. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, il pointe une « manœuvre dangereuse pour la survie de la démocratie sénégalaise » qui, en cas d’adoption, représenterait « un séisme volcanique d’une très forte amplitude, qui va détruire complètement tous les acquis démocratiques ».

Selon Badiane, les arguments invoqués par les Patriotes sont « absolument infondés, moralement inacceptables, juridiquement infondés et politiquement indéfendables ». Sur la forme, il regrette une initiative solitaire, à rebours de la tradition sénégalaise en matière de réforme électorale, où le dialogue et la concertation ont toujours prévalu.

Sur le fond, Badiane conteste l’affirmation selon laquelle les articles visés (L29 et L30) seraient des créations de Macky Sall pour écarter des candidats. « Dans les codes électoraux de 1976 et 1982, le contenu de ces articles existait déjà.Textuellement, rien n’a changé. Ces articles ont accompagné tous les présidents du Sénégal, de Senghor à Diomaye Faye », explique-t-il.

Pour permettre à Ousmane Sonko de recouvrer ses droits civiques, Badiane recommande à Pastef d’emprunter la voie consensuelle. Attendre la prochaine concertation sur le Code électoral. Il rappelle que les experts internationaux des missions d’audit du fichier électoral n’ont jamais suggéré la suppression des articles L29, L30 et L31.

« Ce qu’ils ont recommandé, c’est que la perte des droits civiques ne soit pas définitive, et qu’une limite soit fixée pour donner une chance à la personne ayant purgé sa peine de recouvrer la plénitude de ses droits. C’est une recommandation pertinente sur laquelle tous les acteurs politiques devraient pouvoir s’accorder facilement », précise-t-il.

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