La Somalie a adopté une nouvelle Constitution ce mercredi 4 mars 2026, qui fixe à cinq ans la durée du mandat présidentiel et instaure l’élection au suffrage universel de ses parlementaires. Ces nouvelles mesures ont suscité une forte opposition dans ce pays fracturé et instable.
Il n’a pas été précisé si le chef de l’État actuel, Hassan Sheikh Mohamud, élu en 2022 pour quatre ans, bénéficiera de cette mesure, adoptée par les deux chambres, alors que des élections présidentielle et législatives sont prévues en juin prochain.
Le Premier ministre Hamza Abdi Barre a qualifié la nouvelle Constitution de « victoire historique ». Le président Mohamud a, lui, vanté « la mise en place d’un système de gouvernance fondé sur une base juridique solide », qui permet « au peuple somalien d’orienter la politique du pays ».
Les députés et sénateurs somaliens étaient jusqu’ici désignés via un système indirect et clanique, dans lequel des personnalités reconnues de ces clans nommaient des délégués qui choisissaient à leur tour les parlementaires. Le président était ensuite élu par l’Assemblée nationale et le Sénat, et non par la population, ce que maintient la nouvelle Loi fondamentale.
Des questions se posaient déjà, avant son adoption, sur la capacité de la Somalie à organiser des élections en juin. Le pays est confronté à une importante insurrection menée par les shebab, groupe armé affilié à Al-Qaïda, qui combattent le gouvernement fédéral depuis deux décennies et contrôlent de vastes pans du territoire.
L’État somalien garde pleine autorité sur la capitale, Mogadiscio, où un premier scrutin local depuis plus de 60 ans s’est tenu fin décembre. Mais l’organisation dans quelques mois d’élections dans de nombreux autres endroits du pays paraît très hypothétique, selon de nombreux analystes.
La Somalie est aussi profondément divisée entre les États qui la composent : les dirigeants du Jubaland (sud) et du Puntland (nord-est) sont ainsi fortement opposés aux efforts de centralisation du président somalien. Une alliance d’opposition, comprenant les dirigeants de ces deux régions, n’est pas parvenue à s’entendre sur la Constitution proposée ni sur le calendrier électoral lors d’une réunion le mois dernier. Leurs représentants ont boycotté le vote de la nouvelle Constitution.
La Somalie revendique également le contrôle du Somaliland, qui s’est séparé unilatéralement de la Somalie en 1991 après une guerre civile sanglante. Israël est devenu fin 2025 le premier pays à reconnaître l’indépendance de cette République autoproclamée depuis sa sécession de la Somalie, provoquant la colère de Mogadiscio.
Cette nouvelle Constitution, bien que présentée comme une avancée démocratique, risque d’exacerber les tensions déjà vives dans un pays fragmenté et confronté à des défis sécuritaires majeurs.
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