samedi 14 février 2026

Sous l’emprise du Jnim : la vie des femmes au Mali et au Burkina Faso

Dans le centre du Mali et le nord du Burkina Faso, plusieurs femmes vivent depuis des années sous le contrôle du groupe jihadiste Jnim. Certaines sont épouses, mères ou grand-mères de combattants, d’autres n’ont aucun lien direct avec eux. Selon le rapport d’Xcept publié le 8 décembre 2025, plus de la moitié des femmes interrogées ont passé au moins cinq ans « sous le contrôle effectif du Jnim », certaines jusqu’à plus de dix ans.

Les auteures du rapport soulignent un « mécontentement persistant » vis-à-vis de la corruption de l’État et de son incapacité à protéger les populations, sans que cela ne conduise à un soutien massif à l’insurrection armée. Pour ces femmes, l’ascension du Jnim a entraîné des changements profonds et majoritairement négatifs, avec le port obligatoire du voile et de l’abaya, l’interdiction de travailler ou de se déplacer, la fermeture des écoles et centres de santé, ainsi que la suppression des cérémonies traditionnelles. Ces mesures sont décrites comme « économiquement dévastatrices et profondément néfastes pour la santé physique et mentale ».

Cependant, certaines politiques du groupe reçoivent un accueil positif, notamment les aides matérielles issues de pillages, le recours à la justice islamique et la réduction du banditisme local. Dans les zones où le Jnim est bien implanté, certaines femmes deviennent « de plus en plus dociles », souvent sous la contrainte, et certaines participent activement à la logistique ou à l’entretien des bases jihadistes.

Enfin, les chercheurs notent que les violations des droits humains commises par les armées régulières, les supplétifs nationaux (Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), chasseurs dozos) ou des groupes étrangers comme Wagner, sapent la légitimité de l’État. Ces violences, rapportées par environ trois quarts des personnes interrogées, sont souvent instrumentalisées par le Jnim pour se présenter comme un protecteur et recruter de nouveaux membres.

Les entretiens, réalisés entre mai et août 2025, ont inclus des femmes déplacées pour des raisons de sécurité et celles ayant fui les zones contrôlées par le Jnim. L’étude révèle l’ampleur des contraintes imposées aux populations civiles et la complexité de la survie quotidienne dans ces territoires en proie à la violence et à l’insécurité.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires