Tchad : les militaires français sont de retour à N’Djamena

Près de dix-huit mois après avoir demandé le départ des forces françaises, le Tchad renoue avec Paris sur le plan militaire. Un nouvel accord prévoit la reprise d’une coopération entre les deux pays, sans pour autant rétablir, à ce stade, une présence militaire française permanente sur le territoire tchadien.

Le dispositif prévoit notamment la participation de militaires français à la formation des forces tchadiennes, au renseignement ainsi qu’au soutien aérien de l’armée. Selon les éléments disponibles, cette coopération est effective depuis avril.

Ce rapprochement intervient alors que le Tchad fait face à la menace persistante de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest dans la région du lac Tchad. Pour N’Djamena, le partenariat avec la France doit notamment permettre de renforcer les capacités de ses forces armées face aux groupes jihadistes actifs dans cette zone.

Une rupture après 65 ans de présence française

Cette coopération renouée fait suite à une rupture brutale. En janvier 2025, les autorités tchadiennes avaient exigé le départ d’environ 1 000 militaires français, mettant fin à 65 années de présence militaire française dans le pays.

Cette décision était intervenue sur fond de désaccords entre N’Djamena et Paris, notamment autour du partage du renseignement dans le bassin du lac Tchad. À l’époque, les autorités françaises avaient assuré que la fin de leur présence militaire permanente ne signifiait pas nécessairement la fin de la coopération avec le Tchad.

Quelques mois plus tard, cette coopération semble donc reprendre sous une forme différente. La France ne dispose pas, pour l’heure, de bases permanentes au Tchad, mais ses militaires peuvent de nouveau intervenir dans des domaines jugés stratégiques par les autorités tchadiennes.

Ce nouveau cadre réflète l’évolution des relations militaires entre Paris et plusieurs pays africains. Après les retraits de ses forces du Sahel, la France cherche désormais à privilégier des partenariats plus ciblés, tandis que les États concernés entendent conserver la maîtrise de leur dispositif de défense.

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