Togo : l’opposition en ordre de bataille contre la révision constitutionnelle de 2024

Au Togo, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile togolaise ont organisé, dimanche 26 juillet, un rassemblement à Vogan, à une soixantaine de kilomètres de Lomé, pour dénoncer la réforme constitutionnelle adoptée en 2024. L’initiative était portée par le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC).

Il s’agit du deuxième grand meeting organisé par le CNCC en trois mois, après une première mobilisation début mai. Dans un contexte où les manifestations de l’opposition restent peu fréquentes, plusieurs centaines de personnes ont participé à ce rassemblement.

Les manifestants ont brandi des pancartes portant des slogans tels que « Non au changement anticonstitutionnel du gouvernement » ou encore « Coup d’État constitutionnel ». Les organisateurs estiment que la nouvelle Constitution permet au président Faure Gnassingbé de se maintenir durablement au pouvoir.

« Le changement de Constitution intervenu au Togo en 2024 est totalement illégal, c’est un coup d’État constitutionnel. Le Togolais n’acceptera jamais cette forfaiture », a déclaré David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), l’une des organisations à l’origine de la mobilisation.

La réforme constitutionnelle a profondément modifié les institutions togolaises. Elle supprime notamment l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct et instaure un régime parlementaire. La fonction de président du Conseil, désormais la plus haute responsabilité exécutive du pays, est occupée par Faure Gnassingbé.

L’opposition conteste cette évolution depuis son adoption. Les manifestations organisées en 2025 contre cette réforme avaient fait plusieurs victimes. La société civile avait fait état de sept morts, tandis que le parquet avait évoqué cinq décès attribués à des noyades.

Dans un arrêt rendu le 29 janvier, la Cour de justice de la CEDEAO a estimé que cette réforme constituait un « changement inconstitutionnel de gouvernement ». Le gouvernement togolais rejette toutefois cette décision, affirmant que la juridiction régionale ne dispose pas de compétence pour contrôler la conformité de la Constitution togolaise et que son rôle se limite au respect des droits de l’homme et du droit communautaire.

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