Au Burkina Faso, les patients atteints d’insuffisance rénale peuvent désormais entrevoir un futur plus serein. Du 3 au 4 février 2026, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo a réalisé sa deuxième transplantation rénale.
Ces interventions, menées dans le cadre d’une coopération entre une équipe locale et une délégation turque, ont été rendues possibles grâce à la générosité de donneurs intrafamiliaux : un frère pour le premier patient et une sœur pour le second. Les prélèvements ont été effectués par voie coelioscopique, sur le rein droit pour le premier cas et sur le rein gauche pour le second. Selon le Dr Boureima Ouédraogo, chef du service d’urologie, l’évolution des receveurs est satisfaisante et aucune complication majeure n’a été observée.
Le Dr Serkan Akinci, membre de l’équipe turque, a salué la préparation des médecins burkinabè, estimant que ce travail en amont a considérablement optimisé les chances de succès de l’opération.
Ces résultats arrivent à un moment où on observe une augmentation des cas d’insuffisance rénale chronique (IRC) au Burkina Faso. Une étude menée sur la période 2013-2022 indique que l’incidence brute des IRC est passée de 0,080 ‰ à 0,400 ‰. Les districts de Baskuy, Do, Tenkodogo et Gaoua affichent les taux les plus élevés, correspondant également aux zones où se situent les centres de dialyse. Le risque global modélisé d’IRC pour la période étudiée s’établit à 0,231 (IC 95 % : 0,141-0,372).
Ces opérations symbolisent un progrès majeur pour le système de santé national et démontrent que le Burkina Faso est désormais capable de prendre en charge, sur son territoire, des pathologies jusqu’ici considérées comme complexes.
