samedi 29 novembre 2025

Cancer de la prostate : la fréquence éjaculatoire influence-t-elle le risque ?

L’idée selon laquelle une activité éjaculatoire régulière exercerait un effet protecteur sur la prostate circule depuis plus de cinquante ans. Plusieurs travaux américains ont conforté cette hypothèse, tandis qu’une méta-analyse chinoise l’a nuancée. L’ensemble dessine un paysage scientifique contrasté, où les certitudes demeurent rares.

En France, le cancer de la prostate représente près d’un tiers des diagnostics de cancers masculins. Les facteurs de risque identifiés (âge, antécédents familiaux, origine africaine ou antillaise) échappent au contrôle individuel. Dans ce contexte, la recherche de comportements susceptibles d’atténuer le risque attire un intérêt croissant.

L’éjaculation, mécanisme qui repose sur la contraction coordonnée de la prostate et des vésicules séminales, figure parmi les pistes étudiées. Certains chercheurs avancent que l’évacuation régulière du fluide séminaire limiterait l’accumulation de substances inflammatoires capables d’alimenter la carcinogenèse.

La principale étude favorable à cette théorie provient de la Harvard School of Public Health. Entre 1992 et 2010, 31 925 hommes âgés de 20 à 49 ans ont déclaré leur fréquence éjaculatoire. Durant le suivi, 3 839 cas de cancer de la prostate ont été recensés.

Les données montrent un recul relatif de 22 % du risque chez les participants ayant 21 éjaculations mensuelles ou davantage, comparés à ceux ayant 4 à 7. L’effet se produit surtout sur les tumeurs moins agressives, ce qui laisse penser à une influence probable aux stades précoces.

D’autres travaux avancent plusieurs hypothèses biologiques, comme une réduction locale de la 5-α-réductase, une meilleure oxygénation tissulaire due à l’afflux sanguin pelvien ou encore des effets immunomodulateurs liés à l’orgasme. Ces mécanismes restent toutefois théoriques.

Une méta-analyse chinoise portant sur 22 études montre un tableau moins linéaire. Une activité modérée offrirait un léger bénéfice, tandis qu’une fréquence plus élevée s’associerait à une hausse du risque. Les biais de mémoire, les différences culturelles, les variations hormonales ou l’exposition aux infections sexuellement transmissibles pourraient expliquer ces contradictions.

À ce jour, aucune recommandation officielle ne prend en compte la fréquence éjaculatoire dans la prévention. Les experts privilégient toujours les mesures éprouvées, telles que l’activité physique régulière, la gestion du poids et une alimentation équilibrée. Une sexualité active et sans risque ne semble pas nuire à la prostate, mais son rôle protecteur reste modeste et incertain.

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