Le Sri Lanka a décidé de faire appel à son armée pour lutter contre une flambée historique de dengue. Plus de 46.000 cas ont déjà été recensés depuis le début de l’année, ce qui pousse les autorités à renforcer leurs moyens afin de contenir la propagation de la maladie.
Depuis mercredi, l’armée de l’air utilise des drones pour survoler les immeubles de Colombo et repérer les eaux stagnantes où se développent les moustiques du genre Aedes, vecteurs du virus de la dengue.
Après l’identification de ces foyers, les propriétaires reçoivent l’ordre de supprimer ces points d’eau, sous peine de sanctions financières. Initialement limitée à trois jours dans la capitale, cette campagne s’étend désormais à l’ensemble du territoire. Les écoles, les habitations, les bâtiments publics et les propriétés abandonnées figurent parmi les sites concernés.
Plus de 46 000 contaminations en quelques mois
Le pays de 22 millions d’habitants fait face à une forte progression de l’épidémie. Depuis janvier, plus de 46.000 personnes ont été infectées et 29 décès ont été enregistrés, soit près du double des chiffres observés à la même période en 2025.
Les établissements de santé prennent désormais en charge plus de 500 nouveaux patients chaque jour. Le Dr Kapila Kannangara, responsable de l’Unité nationale de lutte contre la dengue, estime que cette hausse pourrait rapidement entraîner une saturation des capacités hospitalières.
Les autorités attribuent cette situation aux conséquences du cyclone qui a frappé le pays à la fin de l’année dernière. Les fortes pluies, les inondations et les glissements de terrain ont laissé de nombreuses zones d’eau stagnante. Les opérations de nettoyage ont pris du retard, ce qui a favorisé la multiplication des moustiques.
Les moustiques Wolbachia au cœur de la stratégie
En parallèle des mesures d’urgence, le Sri Lanka poursuit un projet de lutte biologique contre la dengue. Les autorités misent sur des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, connue pour empêcher la transmission du virus et transmettre cette caractéristique à leur descendance.
Cette méthode a déjà donné des résultats encourageants en Indonésie et en Australie, où les cas de dengue ont fortement diminué après son déploiement. Le Sri Lanka avait conduit des essais entre 2018 et 2021 dans plusieurs quartiers de Colombo. Le pays prévoit désormais la création d’une usine capable de produire ces moustiques à grande échelle afin de réduire durablement la circulation du virus
